jeudi 17 décembre 2009
Le grand défi : L'île Seguin.
Meccano. Les chantiers se multiplient, mais c'est encore et toujours sur l'île Seguin que les esprits s'agitent le plus
Son prédécesseur, Jean-Pierre Fourcade, ne voit en lui qu'un « maire inaugurateur », ses partisans le considèrent plutôt comme un « maire bâtisseur ». « Pierre-Christophe Baguet joue aux Legos avec sa ville, mais il a une vision globale sur les 50 prochaines années, claironne Gauthier Mougin, son adjoint chargé de l'urbanisme. A son arrivée, il nous a dit : "Voyez grand, voyez large." » Le grand défi de sa mandature ? L'achèvement du quartier Ile Seguin-Rives de Seine, bien sûr ! Entamé par Jean-Pierre Fourcade, le chantier a été l'objet d'une violente bataille entre les deux rivaux pendant la campagne municipale de 2008. Et pour cause : quelle ville de la région parisienne dispose encore d'une friche de 74 hectares, prête à accueillir l'équivalent de la population de Chaville, soit environ 18 000 habitants, et dotée d'un site aussi emblématique que l'île Seguin ? De quoi aiguiser l'ambition du nouveau maire, qui a donc remis à plat le projet Fourcade, pour y graver son empreinte.
L'ÎLE SEGUIN
Annoncé comme révolutionnaire, le projet d'aménagement de l'île Seguin du nouveau maire a été depuis édulcoré : les guinguettes et la halle pour défilés de mode ou marchés de Noël ont disparu. Et certains projets programmés par Jean-Pierre Fourcade ont finalement été conservés, tels l'hôtel quatre étoiles et la résidence d'artistes. Pour le reste, Pierre-Christophe Baguet a emboîté le pas au président du conseil général, Patrick Devedjian, et à son projet de « Vallée de la culture », dans laquelle l'île Seguin doit s'insérer. Exit donc la partie scientifique de l'île. Ce que ne laisse pas de regretter Jean-Pierre Fourcade. « Refuser d'implanter un grand centre de recherche médicale et de sciences de l'homme est une erreur historique, estime le sénateur. Mais la faute n'en incombe pas seulement à l'équipe municipale, elle remonte jusqu'au président de la République. » Nicolas Sarkozy a en effet défendu l'idée d'un jardin de sculptures. Il y aura bien un jardin de 4 hectares sur l'île Seguin, mais finalement sans oeuvres. Dessiné par Michel Desvignes, il sera ouvert au public sur une première tranche, au printemps prochain. « Il est urgent de rouvrir l'île aux Boulonnais » , explique Pierre-Christophe Baguet.
Le paysagiste a prévu des masses végétales hautes, mais pas d'arbres, et, dans un premier temps, une grande pelouse qui restera à aménager pour accueillir des événements, des restaurants et un lieu à la mémoire de Renault. L'Elysée n'en conserve pas moins des vues sur le site, avec notamment un projet de musée de l'Histoire de France et des Français. Autre projet, voté celui-là, et doté de 150 millions d'euros : la Cité de la musique, portée par le conseil général, qui a racheté la pointe aval - où devait s'installer la fondation Pinault - pour 1 euro symbolique à la ville (voir page X). Le maire, qui ambitionne d'y installer aussi le conservatoire à rayonnement régional, espère bien que l'annonce de cette cité vouée à la musique aura un effet d'entraînement sur les autres projets.
« L'intérêt pour l'île ne se dément pas, affirme André Moine, directeur général de la Saem Val de Seine, la société anonyme d'économie mixte chargée de l'aménagement des terrains Renault. Mais il était urgent de montrer qu'il s'y passe quelque chose. » Sur le reste de l'île, toutes les spéculations sont encore de mise. Sur la pointe amont, le maire rêve d'un complexe consacré à l'art contemporain.
Au centre, il imagine un pôle cinématographique ultramoderne ainsi qu'un équipement voué à la création numérique, en partenariat avec le Cube d'Issy-les-Moulineaux, lieu unique en France de formation, d'exposition et d'incubation de jeunes entreprises spécialisées dans ce domaine. Equilibre budgétaire oblige, les 40 000 mètres carrés de bureaux prévus par la municipalité seraient affectés aux « industries culturelles ». « Je suis en contact avec des sociétés de jeux vidéo et une station de radio », affirme le maire.
Ce qui n'empêche pas Jean- Pierre Fourcade de s'inquiéter des finances de la Saem Val de Seine, « qui a dû emprunter 100 millions d'euros ». André Moine balaie le problème d'un revers de main : « L'emprunt finance les dépenses en attendant les recettes des projets ; c'est une opération courante dans ce genre d'aménagement. » En attendant, ces projets rendront- ils l'île Seguin aux Boulonnais, comme l'avait annoncé Pierre-Christophe Baguet pendant la campagne électorale ? « Non, répond sans hésiter la conseillère municipale socialiste Marie- Hélène Vouette. Ils ne serviront que partiellement aux habitants. Mais cequi m'inquiète le plus, c'est que la ville perde la maîtrise de l'aménagement en laissant entrer le conseil général, Issy-les-Moulineaux et l'Etat : les Boulonnais ont payé le terrain et la ville n'aura aucun retour financier ! » Petite consolation pour les déçus du projet Baguet : la nomination en juillet dernier de Jean Nouvel comme architecte coordonnateur. Sa première proposition devrait être présentée au printemps. Pour le moment, il se murmure que le concepteur du musée du Quai-Branly rêve de poser au milieu de l'île une grande serre recouvrant une place publique plantée, à l'image de la gare d'Atocha, à Madrid.
LE TRAPÈZE CÔTÉ OUEST
De l'autre côté de la Seine, en revanche, le Trapèze prend forme. La partie ouest était déjà bien entamée à l'arrivée de Pierre-Christophe Baguet à la mairie. Le 17 octobre, les Boulonnais ont ainsi pu découvrir le nouveau Cours de l'île Seguin, bordé de logements et de bureaux à l'architecture contemporaine. Au printemps, un petit quart du parc de Billancourt, qui s'étalera à terme sur 7 hectares, ouvrira au public. Suivront, à la rentrée 2010, la livraison d'une première crèche, de 65 logements sociaux et d'un groupe scolaire de 18 classes maternelles et élémentaires. La tour Horizons de Jean Nouvel, bâtiment de bureaux de 19 étages - composé de trois volumes superposés de taille décroissante reliés par des terrasses végétales -, verra le jour à la mi-2011, ainsi que la crèche construite à ses pieds, contenant 60 berceaux et 20 places de halte-garderie. En septembre prochain, la première école publique bilingue fera également sa rentrée. « Il s'agit d'une école pilote dans laquelle tous les enseignants seront natifs de pays anglosaxons », annonce le député maire.
Une bonne nouvelle pour le représentant boulonnais du MoDem, Sylvain Canet, par ailleurs directeur de l'école du Forum au pont de Sèvres : « Nous sommes en discussion pour que les écoliers de mon quartier aient accès à une offre équivalente. » Au total, sur l'ensemble du Trapèze, 2 600 logements sont prévus, dont un tiers de logements sociaux. A l'ouest, 800 auront été livrés à la fin de l'année. Toutefois, les premiers appartements occupés n'ont pas fait que des heureux : fuites d'eau, pannes d'ascenseur, autant de malfaçons constatées dans les immeubles déjà livrés. A 7 000 euros le mètre carré, les nouveaux habitants l'ont particulièrement mal vécu. « J'ai nommé un architecte à la retraite comme médiateur pour que les propriétaires puissent régler rapidement ces problèmes », assure Pierre-Christophe Baguet.
LE TRAPÈZE CÔTÉ EST
Moins contraint par les décisions de son prédécesseur sur la partie est du Trapèze, le député maire a choisi de réduire de 30 000 mètres carrés la partie logements initialement prévue et d'augmenter d'autant la partie bureaux. Conformément à la révision du plan local d'urbanisme (PLU) qu'il a engagé, il s'agit pour Pierre-Christophe Baguet de limiter la densification de la ville. « On est déjà à 17 000 habitants au kilomètre carré », note l'édile. Et de rappeler qu'à son arrivée Boulogne a failli être placée sous tutelle préfectorale du fait de son niveau d'endettement - 224 millions en 2008. « Les bureaux permettront de payer les équipements », explique le maire. « Quels équipements ?, s'interroge l'opposante Marie-Hélène Vouette. Pour le moment, il n'y a que le strict minimum. Le Trapèze est une zone privée, sur laquelle des promoteurs montent des opérations, pas plus. » Sur cette partie, cinq îlots d'une surface totale de 175 000 mètres carrés ont été programmés en mars dernier. Les futurs habitants devraient y trouver un foyer d'accueil médicalisé, un jardin d'enfants, un espace pastoral catholique, une crèche de 1 000 mètres carrés, un lycée, des commerces et des restaurants. Mais rien ne sortira avant 2013, la crise est passée par là. « On laisseun an aux promoteurs après la signature du permis de construire pour lancer les travaux », explique André Moine.
LE QUARTIER DU PONT DE SÈVRES
A côté, le quartier du Pont de Sèvres, marqué par l'architecture sur dalle des années 70, va être rénové. « On ne fera jamais de miracle sur ce quartier, prévient d'emblée Gauthier Mougin. Mais on veut le rendre plus accueillant et l'ouvrir sur le reste de la ville. » Concrètement, les façades des trois tours de bureaux vides, détenues par General Electric, vont être liftées par l'architecte Dominique Perrault. Qui occupera ces futures tours de verre à leur livraison dans deux ans ? Le maire affirme être en contact avec sept entreprises. Quant à la gare routière, Pierre-Christophe Baguet envisage de l'enfouir, comme un premier pas vers son projet de tunnel sous la RN 10 ou la RD 1. Dans le Forum, la crèche des Lavandières sera détruite au profit d'une place arborée, qui verra le jour en 2011. Et pour relier le quartier au Trapèze, le boyau technique situé dans le prolongement du passage d'Aquitaine laissera place à une galerie commerciale. Enfin, la ville a lancé, avec l'Agence nationale pour la rénovation urbaine, un projet de modernisation des 1 200 logements sociaux du Pont de Sèvres, pour un coût de 100 millions d'euros. Reste qu'aujourd'hui le projet est au point mort car, sur la partie haute de la dalle, les locataires refusent l'augmentation de loyer qui résultera de la rénovation de leurs appartements. « Cela pénalise l'ensemble de notre programme », regrette l'adjoint à l'urbanisme. Ce dernier peut toujours se consoler avec les 19 projets envisagés dans les autres quartiers de Boulogne pour améliorer la circulation et mieux agencer les équipements publics. Deux d'entre eux ont été votés autour de la place du Marché et du centre de gérontologie des Abondances. Mais aucun calendrier n'est pour l'instant fixé
dimanche 8 février 2009
"Ile Seguin: lancement de l'étude pour la création de la salle de spectacle"

Suspense : 1 500, 5 000 ou 10 000 places ?
Outre le plaisir de gouter à ces festivités musicales, on imagine le déspointement des riverains quand ils vont avoir des décibels chaque soir dans les oreilles, et de la circulation dans le quartier...
"Cette semaine, le Conseil général des Hauts-de-Seine lancera "une étude de définition d'un équipement musical qui sera situé sur la pointe aval" de l'île Seguin, a indiqué vendredi 16 janvier le Conseil général dans un communiqué. A l'issue d'une réunion avec les acteurs du projet de l'île, notamment la ville de Boulogne-Billancourt, et un représentant du ministère de la Culture, un coup d'accélérateur a donc été donné au projet de salle de spectacle présenté en juillet dernier déjà par le maire de Boulogne. Cette salle devrait adopter la forme d'une conque, à la manière de celle que Frank Gehry a conçue pour Chicago et qui est capable de fonctionner en mode ouvert ou fermé. La capacité de la salle n'est pas encore arrêtée mais trois hypothèses sont étudiées: 1.500, 5.000 ou 10.000 places.
En outre, l'agence de la Vallée de la Culture va lancer une étude sur la réalisation d'un site de création contemporaine d'arts plastiques, qui sera situé à l'autre bout de l'île. L'étude est confiée à l'association Palais de Tokyo. Une consultation est également lancée pour désigner un architecte urbaniste coordonnateur pour l'ensemble des projets de l'île Seguin.Les résultats de ces études seront connus à la fin du premier semestre 2009."
Lavieimmo donne plus de détails sur les 3 projets.
mercredi 4 juin 2008
"L'université américaine de Paris veut toujours s'installer sur l'île Seguin"

L'université américaine de Paris (AUP) a annoncé mercredi qu'elle avait toujours l'intention de construire un campus sur l'île Seguin, à Boulogne-Billancourt, alors que le nouveau maire UMP Pierre-Christophe Baguet a indiqué qu'il ne voulait pas de ce projet.
"Nous nous sommes vu accorder un permis de construire au mois de mars, avant les élections municipales, pour la résidence étudiante, et nous attendons un second permis pour le bâtiment académique", a expliqué à l'AFP une porte-parole de l'AUP, qui n'a pas souhaité que son nom soit cité.
"Une promesse de vente de droits à construire a été signée en mai 2007. Des acomptes ont été versés. Le financement est validé. Pour nous le projet est en route, et nous n'avons pas de site alternatif", a ajouté la porte-parole.
Depuis son élection en mars à la mairie de Boulogne, la deuxième ville d'Ile-de-France après Paris, l'UMP Pierre-Christophe Baguet a remis en cause à plusieurs reprises l'ensemble des projets de son prédécesseur et grand rival, Jean-Pierre Fourcade, concernant l'île Seguin.
Il a réaffirmé mercredi à l'AFP qu'il ne souhaitait pas que l'AUP installe un campus sur l'île, où se trouvaient les anciennes usines Renault.
"Sur l'île Seguin, c'est un peu difficile, car le campus ne s'inscrit pas dans le projet culturel et environnemental que nous voulons", a-t-il déclaré. Il a précisé qu'il devait rencontrer le président de l'AUP, Gerardo Della Paolera, mercredi après-midi.
L'AUP, dont les locaux se trouvent dans le 7e arrondissement de Paris, espère construire un campus composé d'un bâtiment académique de 11.000 m2 et d'une résidence étudiante de 10.000 m2, pour 300 chambres.
Aucun projet global n'a jamais pu être mené à bout sur l'île Seguin, quinze ans après le départ de Renault de cette bande de terre de 11,5 hectares sur la Seine.
mardi 3 juin 2008
"L’île Seguin replonge"
Levée de voile sur la stratégie de notre nouveau maire... Ces allégations paraissent particulièrement inquiétantes, tant la mauvaise foi et la cupidité semblent apparaitre au grand jour...
Une pompe à financement occulte, pour un retour d'ascenceur pour une investiture arrachée contre promesses ...?
Libération :
Le nouveau maire UMP de Boulogne-Billancourt a retoqué le projet d’aménagement de l’ancien site Renault, incluant notamment une université américaine. A la place, un programme flou qui pourrait déboucher sur une opération immobilière plus banale.
SIBYLLE VINCENDON
QUOTIDIEN : mardi 3 juin 2008
"Avec un sens remarquable du contretemps, le nouveau maire UMP de Boulogne-Billancourt, Pierre-Christophe Baguet (1), détricote l’île Seguin. Au moment même où l’on pense au Grand Paris et où l’on repense à Mai 68. L’élu local traite ce haut lieu de l’agglomération parisienne et de la mémoire ouvrière comme un simple aménagement de quartier. Pour commencer, il évacue sans égard l’Université américaine de Paris (AUP), qui devait entamer cette année les travaux de son campus. Victime collatérale d’une guéguerre interne à l’UMP, ce projet culturel de bon niveau pourrait ne pas voir le jour parce que le nouveau maire, ex-UDF tôt rallié à Sarkozy, règle ses comptes avec l’ancien, Jean-Pierre Fourcade. Vieux gaulliste, celui-ci s’était choisi un autre successeur : il a perdu. Son ennemi intime est aux manettes et, sur l’île Seguin, il démantèle le travail entrepris par l’équipe précédente.
Vingt ans ont passé depuis que Renault a annoncé la fermeture de ses usines de Billancourt. C’était une des plus prometteuses opportunités urbaines autour de la capitale, ce fut une série de déconvenues : attentisme de Renault ; démolition du bâtiment spectaculaire de l’usine ; consultation d’urbanisme annulée puis recommencée ; épisode pitoyable de la Fondation Pinault annoncée puis retirée par le mécène.
Depuis quelques années, se dessinait malgré tout un projet d’île dite «des deux cultures», scientifique et artistique, dont les pièces commençaient à s’ajuster. Une silhouette architecturale avait été prévue pour unifier l’île, avec un système de galerie-enveloppe, inédite en France, qui évoquait la linéarité de l’ex-usine, dégageait des transparences et offrait une promenade publique. Une sortie par le haut semblait se dessiner. C’est cela que Baguet met maintenant à terre. A peine élu en mars dernier, il a viré Jean-Louis Subileau, grand prix d’urbanisme et directeur général de la société d’économie mixte de pilotage, la Saem Val-de-Seine. Le nouveau maire promet «un projet plus vert». Il dresse au fil des interviews une longue liste de ce qui ne se fera pas, sans souci de l’avis des intéressés dont certains sont pourtant titulaires d’un permis de construire. Tout s’écroule, une fois de plus. Reprenons.
Rejet le plus surprenant, celui de l’American University of Paris. Dès le 1er juin, dans une interview à 20 Minutes, Baguet affirme : «Le projet d’université américaine de Paris vient d’être abandonné par son partenaire financier, la New York University, donc le problème est réglé.» C’est faux. «Je ne sais pas avec qui la mairie a réglé le problème, dit Gerardo Della Paolera, le président de l’AUP, mais pas avec nous.» Il admet tout à fait que le partenariat avec la New York University (NYU), qui apportait 10 % du financement total, a été abandonné. «Mais la faisablilité de notre projet ne dépend pas de l’apport de fonds de la NYU», poursuit-il. Quand on lui demande s’il envisage d’abandonner, il répond : «Non. Notre projet est le plus important pour la ville de Boulogne du point de vue dynamisme.»
Un tel projet, c’est en effet le cadeau dont rêve tout élu. L’AUP, créée en 1962, est un équipement culturel entièrement financé sur fonds privés, détenteur d’un vaste réseau international et fonctionnant sur le rythme permanent propre aux campus américains. 1 200 élèves de plus de cent nationalités, une grande conférence annuelle, des présentations hebdomadaires de travaux de chercheurs, un centre de recherche et de rencontres autour de la traduction et de multiples résidences de chercheurs et de professeurs invités. Cette ruche reçoit du beau monde. En 2006, tandis que les relations franco-américaines ne sont pas au mieux, l’AUP en fait le thème de sa grand-messe annuelle et réunit anciens ministres, militaires et intellectuels.
«C’est un dossier difficile à gérer»
Dans une ville comme Boulogne, qui malgré ses 100 000 habitants, ne possède aucun établissement culturel majeur, cette implantation est une chance. Les deux bâtiments de l’architecte Jean-Paul Viguier, pour l’hébergement des étudiants et pour les enseignements, comportent quantité de dispositifs ouverts sur l’extérieur : cafétérias, librairies, agora, amphithéâtre… «Toutes nos manifestations sont ouvertes au public», explique Perrine Delobelle, chargée de mission auprès de la présidence de l’AUP, qui développe aussi depuis quelques années un projet baptisé The arts arena, «embryon de notre futur centre culturel sur l’île Seguin».
Pour son campus, la présidence a hésité entre deux sites, Paris rive gauche et l’île Seguin. C’est le projet global d’île «des deux cultures» qui l’a décidée, parce qu’il comportait une résidence pour chercheurs et artistes, mais aussi la venue de l’Institut national du cancer, acquise, et celle du CNRS et de l’Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale), à l’étude. «Nous avons adhéré complètement à cette idée de pôle, résume Perrine Delobelle. Nous avions commencé à rencontrer l’Inserm et le CNRS autour d’un futur master en économie de la santé.» Pour une collectivité locale, un établissement comme l’AUP est un produit d’appel. «Nous sommes très internationaux, poursuit-elle. Nous avons des contacts avec énormément d’institutions internationales, d’universités, de musées. Nous pouvons être un point de contact pour d’autres projets sur l’île.»
L’AUP préparait son arrivée depuis trois ans et ne dispose guère de plan B pour quitter le patchwork de six adresses qu’elle occupe dans le VIIe arrondissement de Paris. Elle n’attend plus que le second de ses deux permis de construire, document qui aurait été validé mais n’est pas encore délivré. Della Paolera est dans une situation déplaisante : Baguet parle à sa place tout en ne le contactant pas. Et même si le projet redémarre, le campus risque de se retrouver un jour dans un environnement de promotion immobilière sans rapport avec le contexte scientifique et artistique promis.
Les professionnels du bâtiment, eux, ont été contactés par la nouvelle municipalité. Le maire a déclaré à 20 Minutes qu’il négociait pour la résidence chercheurs-artistes, cofinancée par la Caisse des dépôts et l’investisseur ING, bénéficiaire d’un permis. Contactés à plusieurs reprises, ni la Caisse des dépôts, qui agit avec de l’argent public, ni ING ne nous ont répondu. Autre preneur ferme, le promoteur de l’hôtel quatre étoiles, Cogedim, s’est vu prié d’aller l’exporter sur la terre ferme par Baguet qui, toujours lors d’une interview, a dit qu’il préférerait «un hôtel de charme». Une idée qui fait sourire Jean-Luc Brohard, président de Cogedim entreprise. Plus sérieusement, il ajoute dans la foulée que «c’est un dossier difficile à gérer». Mais il ne veut pas vider les lieux. «C’est un site exceptionnel, une des plus belles boucles de la Seine. Nous restons très attachés à la réalisation de quelque chose sur l’île.» Et l’on peut faire confiance à ces spécialistes pour ne pas céder sans compensation solide.
Comment en est-on arrivé là ? Par la politique. Etre membre de la majorité municipale n’a pas empêché Baguet de combattre continuellement l’ancien maire de droite Jean-Pierre Fourcade, 78 ans. Peu avant la fin du mandat, l’édile démissionne au profit de son premier adjoint pour barrer la route à l’ambitieux. Raté. Ex-UDF, Baguet obtient l’investiture UMP en remerciement de son prompt ralliement à la bannière de Nicolas Sarkozy. Fourcade tente alors de le contrer en se présentant, mais en vain. Et voilà que pendant la campagne, Georges-Marc Benamou, encore conseiller culturel à l’Elysée, annonce, dans une interview à Libération, que l’île Seguin accueillera «un jardin de sculptures».
«Benamou a mis la pagaille»
Baguet ne se rallie pas à cette fantaisie mais sort de sa manche un projet alternatif, «ensemble culturel international valorisant et profitable à tous les Boulonnais». En fait, un plan de l’île d’une pauvreté consternante ramenée aux documents produits depuis des années par la Saem Val-de-Seine. Et un programme du même tonneau où voisinent guinguettes, halle pour défilés de mode ou marchés de noël, spa, commerces, restaurants, port fluvial, tous rangés sous l’étiquette d’ «activités culturelles et de loisirs». Certaines propositions veulent tout et rien dire, comme le «parcours culturel». D’autres, comme ces 40 000 m2 de sièges de télévisions et de radio sont risibles au vu des ambitions affichées d’ «espace vivant, attirant», quand on connaît les mornes abords de TF1 à Boulogne même. La conception de ce collage est sous la houlette de Daniel Janicot, conseiller d’Etat, qui n’a jamais exercé aucune fonction opérationnelle en urbanisme.
Toute cette confusion semble masquer l’objectif de fond : faciliter des opérations de promotion immobilière banales et rentables comme on en voit partout dans le département. Car on peine à comprendre pourquoi le nouveau maire ne veut plus de la résidence chercheurs-artistes pour promettre à la place une «villa Médicis d’accueil d’artistes» (dans son bulletin de campagne). Ou annule la future salle des musiques actuelles dessinée par l’architecte Rudy Ricciotti, prête à démarrer, au profit d’une «salle de concert ouverte comme à Sidney ou Chicago» (interview à 20 Minutes), pas lancée et pas financée. Des promesses rideau de fumée ?
Baguet assure que «l’Etat et le département apporteront leur contribution». Interrogé par Libération, Patrick Devedjian, président du conseil général des Hauts-de-Seine, reste prudent et lâche au passage que la salle des musiques actuelles, il trouvait «ça pas mal». Sur l’université américaine, «l’ambassade des Etats-Unis m’a prévenu qu’elle ne cautionnait plus moralement le projet», affirme-t-il. Il croit savoir qu’il fallait y «mettre des fonds publics» - ce qui est faux. Et il met la confusion sur le dos de «Benamou, qui a mis un peu la pagaille». Bien joué, le renvoi vers l’Elysée. Le silence du Château est assourdissant. Nicolas Sarkozy a lancé personnellement la consultation internationale sur le Grand Paris, avec ce que la démarche comporte d’appel à la matière grise. Pendant ce temps-là, il laisse un second couteau de son parti promettre un avenir de guinguettes et de marchés de Noël au plus bel endroit de la Seine près de Paris.
(1) Contactés à de multiples reprises, ni Pierre-Christophe Baguet, maire de Boulogne-Billancourt, ni Daniel Janicot, président de l’association de préfiguration de l’île Seguin, n’ont voulu répondre à nos questions."
mercredi 28 mai 2008
Expo photo : Usines Renault, Ile Seguin, derniers éclats...

Un voyage nostalgique et poétique au coeur de cette forteresse ouvrière construite en 1930. Une exposition de la galerie Christian Arnoux rue de Seine à Paris. Hubert Fanthomme est photographe à Paris Match depuis 26 ans.
Ecouter :
lundi 5 mai 2008
"Sur l'île Seguin toujours déserte, un nouveau projet repart de zéro"



samedi 26 avril 2008
"Ile Seguin : le grand ménage"
Copyright : Pierre Giron



Louis RenaultLE PARISIEN :
"Le nouveau maire de Boulogne fait table rase des projets Fourcade et lance une réflexion sur le devenir de l'île Seguin.
EXIT les projets de salle de musique actuelle, de centre d'art contemporain, d'hôtel de luxe... Elu cette semaine président de la Saem Val-de-Seine, société d'économie mixte chargée des aménagements sur les ex-terrains Renault, le nouveau maire UMP de Boulogne-Billancourt, Pierre-Christophe Baguet, a désormais les coudées franches pour concrétiser « son » projet pour l'île Seguin. Il a lancé sans attendre, avec son premier adjoint chargé des grands travaux, Thierry Solère, une réflexion d'ensemble sur son devenir.
Réflexion à laquelle devraient participer activement le conseil général et l'Etat. Tour d'horizon.
L'hôtel de luxe. Le Crowne-Plaza, un quatre-étoiles ultramoderne de 11 500 m 2 , comprenant 180 chambres avec bar, restaurant et salle de fitness était le projet le plus avancé de l'île Seguin... jusqu'à ce que son permis de construire - le premier signé - fasse l'objet de recours, gelant le dossier. « Des négociations sont en cours, précise Pierre-Christophe Baguet. Ou l'hôtel reste sur l'île, mais en se transformant en petit hôtel de charme pour s'intégrer au reste. Ou il trouve un emplacement plus adapté à Boulogne mais en dehors de l'île ».
La résidence de chercheurs et artistes. 240 logements étaient prévus. Le permis de construire avait même été signé avec la Caisse des dépôts et ING. On annonçait même les premiers coups de pioche pour 2008. Le projet devrait être annulé. « J'ai entamé les discussions avec la Caisse des dépôts », explique le maire. « Ils reconnaissent qu'il n'y a pas de laboratoires sur l'île. Le projet n'a donc pas vraiment d'intérêt. Nous étudions des compensations sur la ville. Pourquoi pas leur confier la construction de logements sociaux de catégorie moyenne ? Il n'y en pas sur Boulogne ? »
L'université américaine. Un pôle d'enseignement avec résidence universitaire sur 22 500 m 2 . La promesse de vente avait été signée en novembre 2007. Là aussi, le premier coup de pioche était programmé pour fin 2008.
C'est « le grand regret » de Pierre-Christophe Baguet. Là encore, le projet ne devrait pas aboutir. Mais cette fois-ci, c'est à cause d'un désaccord entre les deux partenaires. La New York University aurait fait savoir par voie diplomatique qu'elle souhaitait se désengager du dossier monté avec l'université américaine de Paris.
La scène de musiques actuelles. C'est certain, la Smac, projet municipal lancé par Fourcade, est enterrée. Elle comprenait un bâtiment de 4 000 m 2 et une résidence pour musiciens. « L'équipement coûterait 24 millions d'euros. Trop cher, précise le nouveau maire, nous n'avons pas les moyens. »
L'Institut national du cancer (Inca) et l'Inserm. Ces deux projets ont aussi du plomb dans l'aile. « Rien n'est engagé. Cette implantation d'administrations sur l'île n'a rien de cohérent.»
Le centre de création d'art contemporain. Prévu sur la pointe aval pour remplacer, avec un jardin des sculptures, la fondation Pinault, le projet est mort-né. "
Pendant ce temps, Le projet de tour dans le quartier du trapèze reste solidement ancré...
"(11/12/07) L'architecte français revisite le schéma classique de la tour de bureaux avec ce projet pour le quartier de l'île Seguin dans la banlieue parisienne. Jean Nouvel se base sur le principe d'empilement de façades de styles différents pour remettre en question la notion de hiérarchie.
Alors qu'il est en train de construire un gratte-ciel en bonne et due forme à New York, Jean Nouvel joue les troublions dans son pays en proposant un projet totalement atypique d'immeuble haut pour Boulogne-Billancourt. Conçue pour le promoteur Hines et baptisée "Horizon", cette non-tour - comme il la qualifie lui-même - de 38.600 m2 transgresse en effet tous les codes classiques du bâtiment de bureaux. "Il s'agit plutôt d'une stratification, d'un empilement, prétexte à inventer des terrasses, des horizons fictifs, à contraster, à révéler des différences" a expliqué Jean Nouvel en dévoilant la maquette au Simi, le salon de l'immobilier d'entreprise. Avec cette "non tour", Jean Nouvel remet ainsi en question la notion de hiérarchie, en introduisant, grâce à ses trois façades superposées, une relation unique avec l'environnement et en offrant à l'utilisateur lumière et vue. Comme dans une pyramide à degrés, les différents niveaux bénéficieront de terrasses paysagées.
En ce qui concerne les matériaux, ils se différencieront au fur et à mesure des étages pour dématérialiser peu à peu le volume. La partie basse sera brute, proche de la roche, et la partie haute, transparente, en verre. Les terrasses seront aussi traitées de façon évolutive: au rez-de-chaussée, une végétation rappelant celle du quartier ; au premier niveau (R+5), un jardin suspendu évoquant les coteaux de Meudon et de Sèvres ; au second niveau (R+13), un "paysage venteux" car plus exposé ; et au troisième niveau (R+18), une serre. Jean Nouvel imagine même un 5ème paysage, qualifié de "virtuel", grâce au reflet de la végétation de la serre dans une lame de verre au sommet.La construction devrait être bouclée pour 2011 et toisera l'île Seguin, l'île bien connue de la Seine qui abrita anciennement les usines Renault et qui a déjà fait l'objet de nombreux projets architecturaux d'envergure. "
mercredi 23 avril 2008
"La galerie de Boulogne met en Seine l'architecture promise à l'Ile Seguin"

Quand il s'agit d'évoquer la "galerie animée" conçue par Matthieu Poitevin (ARM), Stéphane Maupin et le critique d'art Jérôme Sans, "nous avons perdu la bataille des mots", se désole Jean-Louis Subileau (Grand prix de l'urbanisme 2001) directeur général délégué de la SAEM Val de Seine présidée jusqu'aux dernières élections municipales par Jean-Pierre Fourcade, l'ancien maire de Boulogne-Billancourt, battu à cette occasion par Pierre-Christophe Baguet (tous deux UMP).
Ses opposants évoquent quant à eux une "honteuse 'façade enveloppe', muraille de 20m de haut", ou encore "cette muraille de 25m de haut (8 étages) et d’1km de long" ou plus simplement une "vulgaire façade" (Raphaël Labrunye, architecte sur la liste de Pierre-Christophe Baguet, dans des textes adressés à la presse durant la campagne) ou encore le "mur-façade" (Pierre-Christophe Baguet lui-même).

Comment peut-on passer de la façade-enveloppe des uns à la galerie d'art des autres ? Dans un sens, cette bataille des mots est sans doute le premier hommage rendu aux concepteurs de l'objet architectural. En effet, si les interprétations diffèrent à ce point est bien la preuve qu'il s'agit d'un ouvrage unique et d'une telle nouveauté qu'il n'est pas un mot précis pour le nommer, encore moins en décrire l'essence. Et Jean-Louis Subileau peut sans doute s'en vouloir puisque il est à l'origine, avec les concepteurs initiaux de l'île, du terme trompeur de "façade enveloppe".
Un retour historique s'impose. Fin 2003, la SAEM lance un concours dont l’idée est de préserver la mémoire du lieu, soit la forteresse qu’ont longtemps constituée sur l’île les usines Renault, sorte de post-scriptum alambiqué destiné à éviter une polémique comparable à celle lancée par Jean Nouvel qui accusait "Boulogne d’assassiner Billancourt". Le cahier des charges du concours était apparemment explicite. La ‘façade-enveloppe’, haute de onze mètres, devait respecter cinq grands principes : garder le socle de l'Ile Seguin, relevé à l'origine contre le risque de crue centennale de la Seine ; créer une promenade piétonne entourant l'île ; réinterpréter la façade enveloppe ; créer au centre de l'île un jardin d'environ quatre hectares ; enfin aménager un certain nombre de vues dans cette façade pour garder des transparences*.
Les équipes qui ont répondu au concours (cinquante six, puis douze, puis quatre) - y compris celle de ARM, au début - ont interprété le projet comme celui d’une clôture (pour faire court), alors même que l'idée de Jean-Louis Subileau était de "garder la forme bâtie de l'île et la maintenir au contact de l'eau". Ce sont les architectes de ARM qui ont finalement "l'intuition d'imaginer une promenade 'haute' capable de resituer, à plusieurs niveaux de références, les personnes physiques à l'échelle du paysage", explique ainsi Matthieu Poitevin. Plus qu'une promenade d'ailleurs puisque, dès le rendu du concours, lequel imposait de s’associer avec un artiste, les architectes ont proposé à Jérôme Sans, directeur du Palais de Tokyo, d’en inviter une "palanquée" pour s’approprier le lieu, "qu’ils participent à son imaginaire, pour en faire un lieu magique, vivant au rythme des calendriers et des expositions et des idées". "Ce lieu doit devenir 'la plus grande galerie d’art contemporain au monde'", disaient-ils. L'idée séduit le jury et ARM s'impose devant Dominique Perrault, Nicolas Michelin et Bernard Tschumi (excusez du peu). Ainsi, cette 'façade enveloppe' n'en est déjà plus une en 2004 tandis que les images du concours ne font pas justice, à l'époque, à l'inventivité d'un concept mal compris et d'emblée décrié sur un... malentendu.
Aujourd'hui, si le projet a évolué, son essence est la même. Il suffit, pour s'en convaincre, de monter sur le prototype en place sur l'île Seguin. Le rapport au paysage est absolument fabuleux puisque, à 12m de hauteur au-dessus du niveau de l'eau, le visiteur découvre un panorama inédit : dans un même coup d'oeil la tour Eiffel et La Défense ou les collines de Meudon et St Cloud, la vallée de la Seine, de Issy-les-Moulineaux jusqu'à Suresnes et toute l'activité du fleuve. L'île elle-même se donnera ainsi à voir de partout. A terme le quartier du Trapèze fera partie de l'image. De là-haut, l'évidence s'impose : la structure elle-même, en métal et bois, n'est ni une façade ni une muraille ni une enveloppe. Et le but que cette promenade devienne le support d'une galerie consacrée à l'art contemporain et autres animations à inventer n'en devient que plus plausible encore. "Il faut donner une valeur urbaine, et pas seulement spéculative, à l'art contemporain", argue Matthieu Poitevin. François Grether insiste que cette galerie "injustement comprise" est "un grand équipement culturel et ludique très original, écho contemporain de la colonnade de l’île des musées de Berlin". Elle apparaît en tout cas parfaitement complémentaire de la 'promenade' annulaire, avec ses embarcadères, au bord de l'eau. Elle sera en tout cas unique et un objet de visite en soi.
Cette galerie, large en son sommet de deux à huit mètres, n'est plus tout à fait virtuelle et cela n'a rien à voir avec le prototype. En effet, l'hôtel**** (Opéra Architectes), l'Université américaine de Paris (Jean-Paul Viguier), la résidence pour chercheurs et artistes conçue par Farshid Moussavi (FOA), qui ont d'ores et déjà obtenus leurs permis de construire, ont intégré dans leur conception même cette galerie. Un bar et des suites de l'hôtel s'ouvrent dessus, le foyer de la SMAC de Rudy Ricciotti (si elle est construite) également, le campus de l'université en tire profit autant que possible, etc.
Faut-il que cette "muraille" (sic) manque de sens et d'intérêt pour ces investisseurs, privés, d'accepter d'en financer la part du coût qui leur revient ? De fait, pour un budget global d'environ 20 millions d'euros, seulement 7 millions sont à la charge de la ville. Ce qui est peu au final pour un ouvrage à la structure légère et transparente qui, plus qu'un "balcon sur la Seine et la ville", plus qu'un objet architectural unique et ouvert à tous, plus qu'une galerie animée, plus qu'un lieu de rencontre, permet enfin, pour citer la SAEM de "maîtriser l'effet de morcellement qui résulterait de la succession de différentes réalisations". Une oeuvre qui tisse donc la cohérence globale des projets en cours sur l'île (quels qu'ils soient) tout en rendant à l'île Seguin un large pan de son histoire et son identité singulière car cette "enveloppe" n'aura jamais d'autre explication quant à son origine qu'une volonté de rendre hommage à un bâti antérieur symbole d'une aventure industrielle révolue."
samedi 8 mars 2008
"L'impossibilité d’une île"
De quoi pousser dehors un ex-maire qui peine à convaincre et qui n'y croit pas lui-même....
Pour mémoire, ci dessous deux coups de gueule interessants, et une synthèse :
1) ARCHICOOL.COM: "L'impossibilité d’une île"
"Si l’île est féminine et le continent est masculin, alors l’histoire de l’île Seguin ( 92, Boulogne Billancourt,) est facile à réécrire.
D’abord asservie, se confondant physiquement à sa tache de production ( l’usine Renault ), puis délaissée, anéantie, mais comme ce n’est pas suffisant et que nous sommes en France, on va se dépêcher de l’enfermer, la reclure ; cela sera le projet de façade enveloppe, caricatural, grotesque hymne petit-bourgeois à la propriété et à sa clôture, à l’enfermement, au dedans et au dehors, comme par hasard, on ne trouvera comme fonction à implanter, que des services administratifs ( vraie-fausse université, hypothétique centre administratif d’un institut médical, logements d’artistes, bref ! c’est aussi excitant qu’un couvent.
Comme par hasard, la seule tentative de greffe d’une initiative d’animation se soldera par un rejet. Rejet par jet de l’éponge, suite à l’incapacité de “consacrer” l’île à un statut d’équité avec le continent.
Après la séquence du couvent, qui semble, heureusement, bien partie pour couler corps et biens, l’ordre des choses, c’est l’enterrement, la mise en terre définitive dans un magnifique cimetière ( un jardin de sculptures.)
Il y a une malédiction sur l’île Seguin, ( et surtout un sol très pollué.) pas question d’y amener la vie et la ville. En tout cas 16 années de perdues... C’est indécent et vulgaire. Ne rien avoir su faire en seize ans, c’est une violence adressée aux mal-logés qui attendent depuis des décennies.
J.A "
L'article ici.
2) "Symbolique de l’île Seguin" par François Grether, architecte-urbaniste
Après de longues tergiversations… Dès l’annonce la fermeture de l’usine, l’Etat confie une mission à Jean Eudes Roullier pour orienter le devenir de ce lieu emblématique. Ses propositions, élaborées avec Alexandre Chemetoff, sont développées par une seconde mission que l’Etat confie à Jean Pierre Morelon, avant de mettre fin à celle-ci deux ans plus tard. Les Villes de Boulogne-Billancourt et Meudon montrent alors leurs propres propositions. Puis, Renault, pour faire avancer les choses, fait établir de grandes maquettes par six architectes reconnus, si ce n’est célèbres, Chaix/Morel, Piano, Portzamparc, Reichen/Robert, Rogers, Tschumi, sans suite. Le Syndicat mixte des 6 Communes les plus proches consultent trois architectes urbanistes, Jean Pierre Buffi, Paul Chemetov, Bruno Fortier, afin d’établir un "plan guide". Les propositions de Fortier suscitent, dans "Le Monde", les foudres de Jean Nouvel, "Boulogne assassine Billancourt", et est abandonné.
A partir de 2000, le projet urbain mené par Jean Louis Subileau, François Barré, et Michel Desvigne et moi même est concerté, exposé plusieurs fois, soumis à enquête publique, inscrit dans le Plan Local d’Urbanisme. L’épisode de la Fondation, voulue puis répudiée par M. Pinault, déclenche l’intervention d’une commission d’expertise du projet d’ensemble coprésidée par Nicolas Sarkozy et Jean Pierre Fourcade. Celle-ci apprécie et préconise la poursuite du projet urbain. Aujourd’hui, après 20 ans d’études et débats, retour à la case départ ?
Ambitions, mises en question
Le projet, dont la mise en œuvre est commencée, vise à constituer un lieu d’exception, porteur de fortes promesses. Avec un travail sur la mémoire de l’époque industrielle, il s’appuie sur le souvenir de la forme globale de l’île. Sur l’ancien socle se déploie une "terrasse-jardin" de plus de cinq hectares, espace public singulier en complémentarité avec les parcs des deux autres îles du méandre de la Seine. Sur les deux kilomètres des bords de l’eau, s’étend une promenade annulaire, avec ses embarcadères, surmontée d’une "galerie animée" injustement comprise, grand équipement culturel et ludique très original, écho contemporain de la colonnade de l’île des musées de Berlin. Ces réalisations s’inscrivent dans la programmation de "l’île des deux cultures", arts et sciences, avec notamment l’Université Américaine de Paris et New York, l’Institut du Cancer, les scènes de musiques actuelles, l’hébergement de chercheurs et artistes, etc.
Effets d’annonce perpétuels
L’île est entourée par de nombreux jardins, Parc de St Cloud, Parc du Brimborion, nouveau Parc de Billancourt, parcs de l’île St Germain et de l’île de Monsieur. Quel peut être le rôle d’une vocation exclusivement paysagère ? Le projet en cours, préparé depuis huit années, comporte encore d’importantes disponibilités, en particulier sur toute l’étendue des pointes amont et aval de l’île. Pour de nouveaux responsables, il peut aisément accueillir les réalisations les plus significatives...
Effacer le souvenir de l’usine Renault ! Faire table rase de la démarche d’un projet engagé, novateur et ouvert ! Repartir sans cesse de zéro ! Relancer cinq ou six années de procédure ! Quel peut être le sens profond de défaire sans jamais faire ? Quel gâchis ! Mais surtout, pour la France, quelle grande symbolique en un lieu particulièrement emblématique ? A l’évidence, celle de l’inefficience !"
L'article ici.
3) 20MINUTES : "L'île Seguin pourrait repartir à contre-courant"
"L'un veut faire table rase et lancer un nouveau projet. L'autre est reparti en campagne à 78 ans pour sauver le sien. Pierre-Christophe Baguet (UMP) et Jean-Pierre Fourcade (DVD), les deux favoris de l'élection à Boulogne-Billancourt, se déchirent sur l'aménagement de l'île Seguin.
L'ancien maire (jusqu'en 2007) Jean-Pierre Fourcade défend un projet décomposé en trois volets : un pôle scientifique, un pôle culturel et un pôle « accueil et hébergement ». Dans le premier, il souhaite attirer les sièges de l'Inca (Institut national du cancer), l'Inserm et le CNRS. La partie culturelle sera constituée soit d'un centre de création contemporain, soit d'un centre d'art contemporain. Ce secteur accueillerait aussi une salle des musiques actuelles (Smac). Pour l'espace d'accueil, un grand hôtel est prévu. « Il est actuellement bloqué par un recours, déposé par un membre de la liste Baguet », s'énerve le sénateur. Un accord a aussi été trouvé pour l'implantation de l'université américaine de Paris. C'est d'ailleurs la seule chose que Pierre-Christophe Baguet conserverait s'il est élu. Pour le reste, il pointe cinq projets publics et deux privés « qui ne rapporteraient rien à la ville ». Alors on annule et on recommence. « L'Inca et l'Inserm devraient se rapprocher, et ont vocation à aller à Villejuif, pas sur l'île Seguin. Pour la Smac, Fourcade n'a obtenu aucune subvention. Concernant l'hôtel, l'Intercontinental et la Cogedim - le promoteur - ne veulent plus rester sur l'île, justifie le candidat UMP. Moi je créerai un pôle médias et culture, et un autre événement, qui feront gagner de l'argent à la ville, et la rendront plus ouverte aux habitants. »
Les deux autres candidats à l'élection ont des positions plus modérées : Sylvain Canet (MoDem) « souhaite conserver les projets actuels, mais mettre tout cela davantage en cohérence pour en faire une vraie "Cité des lumières du XXIe siècle" ». Marie-Hélène Vouette (PS) ne veut pas « remettre en question ce qui a été lancé. Mais il manque un projet pour la pointe aval, où je verrais bien une Université des savoirs numériques. »
Mickaël Bosredon
L'article ici.
PS: Effectivement, le Val de Marne rode déjà autour de l'INCa...
lundi 25 février 2008
"L'île Seguin victime des élections municipales"

Les boulonnais lisent les projets, réfléchissent. Pour qui voter ?
On pense Baguet en tête, et si c'était un mauvais choix ?
Ceux de droite s'interrogent...
1) faire confiance au jeune loup ambitieux, d'apparence humain et accessible ?
soutenir une équipe renouvelée ? miser sur son projet prometteur, soutenu par l'état et le département...?
mais ... sans réel bilan, ... sans projet financé,
repoussant bientôt aux calendes grecques les réalisations
alors que les échéances promises par l'équipe actuelle s'approchaient enfin ...
(on entend déjà PC. Baguet :
"il me faut du temps ! un 2ème (3ème...) mandat pour parvenir à honorer mes promesses !")
2) ou renouveler la confiance au vieux matelot,
ayant par le passé sorti le navire de la tempête,
au caractère bien trempé et distant,
mais riche des valeurs du passé, ... droiture, indépendance, compétence,
au projet modeste et trop raisonnable,
mais en passe de livrer des réalisations concrètes.
3) pratiquer l'aventure du Modem ? peu crédible ? tant leur posture est illisible ? quel bilan ?
Tentant de ratisser les déçus de gauche et de droite, déçu de n'être pas le seul à droite à rassembler les opposants de Baguet...
4) ou tenter l'alternance en confiant à la gauche de M.H. Vouette et ses actuels conseillers municipaux
le devoir d'une synthèse entre social et progrès, enthousiasme et ouverture ?
Osons !
Pendant se temps, certains sont en colère du gachis que la droite promet pour la ville.
L'EXPRESS:
"Campagne municipale oblige, le prétendant à la mairie de Boulogne Billancourt, Pierre-Christophe Baguet, vient d'annoncer son intention de transformer l'Ile Seguin en un jardin de sculptures géant, en lieu et place des projets déjà engagés. Rudy Ricciotti, grand prix national d'architecture 2006, s'insurge contre ce plan alternatif et se confie à LExpress.fr.
Raser le travail de nombreuses années de réflexions urbaines relève directement du hooliganisme", lance Rudy Ricciotti excédé par le plan du candidat officiel de l'UMP, Pierre-Christophe Baguet, pour l'Ile Seguin. Ce dernier vient en effet d'annoncer son intention de transformer ces onze hectares "mythiques" en un jardin de sculptures géant, en lieu et place des projets déjà engagés, notamment l'Institut national du Cancer, l'Inserm, une résidence pour chercheurs et artistes, et l'Université Américaine de Paris.
Déjà, le 16 janvier dernier, sur LExpress.fr, l'ancien maire Jean-Pierre Fourcade dénonçait ce procédé de la table rase et annonçait sa candidature "dissidente" aux municipales pour défendre son projet de réhabilitation des terrains Renault. Pour sa part, Rudy Ricciotti déplore ce manque d'idées sur l'avenir des villes. Entretien.
Vous deviez construire une salle de musique actuelle sur l'Ile Seguin, apparemment le projet est mis en suspend. Que vous inspire la refonte de l'aménagement de l'Ile Seguin avancée par le candidat UMP Pierre-Christophe Baguet?Je suis estomaqué par la violence et le cynisme avec lequel on fout en l'air des années de travail, de concertation, de consultation, qui sont l'énergie propre et utile à l'aménagement des terrains Renault à Boulogne Billancourt. Je peux comprendre que les enjeux électoralistes puissent armer des idées nouvelles, mais dans ce cas précis, il s'agit d'éradiquer l'aménagement prévu, c'est tout de même assez grave. Pour ma part, je devais construire un équipement culturel qui était le plus petit de l'Ile par sa taille, je serais néanmoins curieux de connaître la position de mes confrères qui avaient des engagements plus importants sur ce site, tels l'architecte Jean-Paul Viguier, le paysagiste Michel Desvignes, l'urbaniste François Grether. Reste que plus personne n'ose se mouiller, le courage n'est pas la spécialité des intellectuels de gauche. Ce jardin de sculptures géant est une ânerie, un endroit où les gens iront promener leur chien, à condition que cette Ile, vidée de son activité, ne soit pas un coupe gorge! Qu'en pense, par exemple, le critique d'art Jérome Sens lui qui devait participer au choix des artistes qui seraient exposés sur la future ceinture de l'Ile?
DR
Etat des projets engagés fin 2007 sur l'île Seguin par la Saem-Val-de-Seine.
Ce projet présidentiel sorti des cartons en à peine dix jours a reçu le soutien du département et de l'Etat, cette attitude n'est-elle pas en contradiction avec les propos de Nicolas Sarkozy tenus à l'inauguration de la Cité de l'Architecture et du patrimoine en septembre dernier?J'étais présent à l'inauguration de la Cité de l'architecture, en septembre dernier, avec bon nombre de mes collègues, notamment Jean Nouvel, Dominique Perraut, Christian de Portzamparc, avec lesquels nous étions conviés à une réunion à l'Elysée. Je ne retrouve pas dans cette manière de faire ce qui nous avait tous enthousiasmé chez Nicolas Sarkozy ; je ressentais alors chez le président une volonté d'associer la pensée à l'énergie. La désillusion est forte, une sensation de "navigue à vue" associée à la parole du dernier qui parle, deviennent alors l'ombre portée d'un déficit de projet esthétique et de projet de société.
Cette volte face dans l'aménagement d'un territoire qui s'inscrit dans le Grand Paris n'est elle pas la preuve d'un désarroi dans la manière de "construire" la ville aujourd'hui?J'avais déjà déclaré dans le Monde sur un autre sujet que l'absence et la béance étaient érigées à l'altitude des Beaux Arts. Le scénario se renouvelle sans cesse, c'est la sexualité androgyne d'une technocratie de mes deux! Chlorophylle et sculpture, c'est presque le retour du félibrige, qui vient du latin "felare" qui veut dire l'art de sucer le sucre. J'imagine déjà sur l'Ile Seguin des petits arbustes tout neuf et de l'art comptant pour rien. On prend les artistes pour des cons. Aucun sculpteur n'acceptera d'installer une oeuvre immortelle dans un scénario urbanistique à la Verdun. Je n'ose même pas imaginer le point de vue des arbustes si l'on demandait leur avis.
Tout projet d'aménagement urbain repose sur une dynamique économique et culturelle, celle prévue sur l'Ile Seguin reposait sur la recherche et la culture, n'était-ce pas là, une forme d'équilibre?Rejeter les habitants de l'Ile mais aussi les nouvelles technologies et la culture tel qu'il est proposé relève de la mortification du vivant. En fait, l'horizon métaphysique de l'Ile Seguin sera d'être un impensé politique."
26/02: La réponse n'a pas tardé (voir commentaire ci dessous).
Et le tac au tac s'en suit ici !
02/03: Et cela continue ci-dessous :
"L’île des deux cultures" par Christian Devillers, architecte
Après le temps des procédures et de la concertation publique qui a pu paraître long à certains, le huitième quartier de Boulogne-Billancourt est en chantier sur les terrains des anciennes usines Renault. 2.500 logements et résidences, 104.000 m² shon de bureaux et 30.000 m² shon de commerces et d’équipements, la moitié du parc de 7 ha, 3 ponts vers l’Ile Seguin, soit près de la moitié des programmes auront été livrés dans les trois prochaines années.
Le niveau d’exigence des cahiers des charges environnementaux et la désignation par concours internationaux de tous les architectes, urbanistes, paysagistes soit actuellement 58 équipes font de cette grande opération un exemple de ce qu’on peut réaliser de mieux aujourd’hui en matière d’innovation et de qualité architecturale et urbaine mais aussi de mixité et de solidarité sociale en incluant l’opération ANRU de réhabilitation du quartier du Pont de Sèvres.
En termes quantitatifs l’Ile Seguin ne représente qu’une petite partie des terrains et des programmes mais elle semble en porter les enjeux symboliques les plus forts et les plus divers, aussi bien pour ceux qui se réclament de la mémoire ouvrière que pour les tenants d’un jardin de sculpture.
Le projet actuel, en cours de réalisation, consacre l’île aux "deux cultures", c’est-à-dire à l’enseignement et à la recherche scientifiques et artistiques. Elle sera largement ouverte à tous les publics par ses lieux d’exposition, ses jardins et sa façade promenade sur la Seine. C’est un programme ambitieux, évidemment plus long et plus difficile à réaliser qu’une urbanisation commerciale, mais qui, seul, est capable de doter Boulogne-Billancourt d’un lieu de rayonnement international. Grâce aux investissements importants engagés par la Ville, au partenariat avec les institutions et les entreprises et surtout après des dizaines de réunions de concertation avec les Boulonnais et les riverains du Val de Seine cette ambition est en train de se réaliser. Il serait regrettable qu’elle soit ruinée par des candidats à la mairie ou par des personnalités étrangères à la ville qui, feignant d’ignorer les investissements réalisés et le travail accompli, n’ont à proposer que des programmes récréatifs sans envergure sous prétexte qu’ils seraient plus "populaires".
Egalement signataires de ce texte : Philippe Dubus (agence Philippe Dubus), Adrien Dumont et Maria Colomer, Patrick Chavannes (agence Chavannes Architecture & Urbanisme), Robert Chapellier (Dacbert Cochet Chapellier Architectes Associés), Jean-Paul Viguier, Daniel Vaniche (DVVD), Florence Lipsky (Lipsky + Rollet architectes), Stéphane Maupin, Umberto Napolitano (Lan Architecture), Roger Diener (Diener & Diener Architekten), Anne Mie Depuydt (uapS Anne MieDepuydt & Erik Van Daele), Yves Pagès et Benoît le Thierry d’Ennequin (explorations architecture), Philippe Coignet (OLM), François Grether.
lundi 18 février 2008
"Ile Seguin : De Fort-Boyard à l’Alhambra"




Bon, il y a encore un peu de chemin avant d'atteindre la beauté d'une telle cité !

mercredi 6 février 2008
Promenade virtuelle en 3D à l'intérieur du projet "Rives de Seine"

Mais... vous n'avec pas remarqué quelque chose ?
Avez-vous distingué une piste cyclable ? un équipement sportif ou un square de basket pour les jeunes ? un ciné ou un théatre ? ou est la convivialité ?
Travailler plus, ou fraternité ? quel avenir veut-on pour nos citoyens ?
Le monde qu'on nous prépare doit replacer l'humain au centre de la ville. Ces batiments massifs, aux parois de verre et d'acier glaçant laisse le piéton anonyme et de passage. Il faut lui donner l'occasion de s'arreter, d'échanger, de parler au papy posté à sa fenetre du Rdc, jouer aux boules et acheter un journal au kiosque, écouter du violoncelle au kiosque à musique, écouter le gignol du jardin.
Peu mieux faire M. Fourcade... Encore un effort.
L'article du Moniteur-Expert:
"L’île Seguin, enjeu des municipales à Boulogne-Billancourt (+ vidéo)
Quel avenir pour l’île Seguin ? La réponse appartient aux Boulonnais qui, les 9 et 16 mars prochain, auront à se prononcer entre deux projets contradictoires : d’un côté, celui de "jardin-musée de sculptures", cher à Nicolas Sarkozy, porté par Pierre-Christophe Baguet, candidat désigné par l’UMP ; de l’autre, celui imaginé par la SAEM Val de Seine Aménagement, défendu par son président, Jean-Pierre Fourcade, aujourd’hui adjoint au maire de Boulogne-Billancourt, chargé des finances et qui à 78 ans, repart à la bataille, après s’être mis en congé de l’UMP. Articulé autour du concept d’île des deux cultures, le projet de la SEM prévoit la construction de 175.000 m2 shon (résidences pour chercheurs et artistes, hôtel, campus universitaire, bureaux…) et la création d’un terrasse-jardin de 4,5 ha.
C’est un entretien accordé par Georges Marc Benamou au quotidien Libération (23 janvier) qui propulse l’île Seguin au cœur de la campagne municipale. "Il existe un projet fantastique, faire de l’île Seguin le plus grand jardin-musée de sculptures du monde, déclare le conseiller culturel du président de la République. C’est un rêve ancien de Nicolas Sarkozy quand il était président du conseil général des Hauts-de-Seine, ajoute-t-il, avant de préciser les contours du projet : Ce sera un musée à ciel ouvert : sur 13 hectares, des sculptures, une sorte de Zénith nouvelle génération, un grand musée, des ateliers d’art numérique, des lieux d’animation…Le grand lieu de vie, de promenade des Parisiens". Ce projet, qui coûterait environ 200 millions d’euros, est configuré par Daniel Janicot à qui le conseil général des Hauts-de-Seine a confié une mission d’étude sur le projet de "vallée de la culture". Fin 2006, ce conseiller d’Etat avait été nommé responsable de la mission de préfiguration du Centre européen de création contemporaine, projet lancé par Dominique de Villepin pour remplacer la fondation Pinault sur la pointe aval de l’île, et lui aussi abandonné.
Promesses de vente signées
Pour Jean-Pierre Fourcade, un jardin de sculptures occupant toute l’île Seguin est une idée "farfelue". "Sa réalisation entraînera des contentieux avec les promoteurs et des problèmes financiers", estime-t-il. La SEM, qui a acheté les 11,2 ha de l’île (à l’exception de 6.000 m2 conservés par Renault) pour 43 millions d’euros a déjà signé des promesses de vente avec trois opérateurs : le groupement Cogedim/Mosaïque/ Intercontinental pour la construction d’un hôtel 4 étoiles de 11.000 m2 (architecte : Opéra) ; la Caisse des dépôts et consignations et ING pour une résidence pour chercheurs et artistes de 12.500 m2 (architecte: FOA) et the American University of Paris pour l’implantation d’un campus de 21.000 m2 (architecte : Jean-Paul Viguier). "Il faudrait compter entre 5 et 6 millions d’euros d’indemnité par promoteur en cas de remise en cause de leur projet", estime Jean-Louis Subileau, directeur général délégué de la SAEM Val de Seine Aménagement.
Aujourd’hui, celui de l’hôtel est bloqué, le permis de construire faisant l’objet d’un recours. "Tout a été organisé pour que les travaux ne démarrent pas comme prévu fin 2007", remarque Jean-Pierre Fourcade. Les permis de construire des deux autres opérations ont été déposés. Par ailleurs, un quatrième projet est déjà bien avancé : celui de SMAC (Scène de musiques actuelles), un équipement de 6.000 m2, conçu par Rudy Ricciotti, avec la ville de Boulogne-Billancourt comme maître d’ouvrage.
Déficit financier
Selon Jean-Pierre Fourcade, la remise à plat du projet d’aménagement de l’île Seguin entraînerait un déficit de l’ordre de 100 à 150 millions d’euros. "Sachant que la ville de Boulogne-Billancourt est actionnaire de la SAEM Val de Seine Aménagement à hauteur de 64%, elle devra payer 64% du déficit", indique-t-il, les autres actionnaires étant la Caisse de dépôts et consignations (15%), le conseil général des Hauts-de-Seine (10%), la Caisse d’Epargne d’Ile-de-France et Dexia (5% chacun).
"Notre projet culturel est une alternative intéressante au bétonnage de l’île conduite par Jean-Pierre Fourcade à un prix exorbitant, réplique Pierre-Christophe Baguet, cité par le journal Le Monde (27-28 janvier 2008). Quel est son projet ? Confisquer l’île Seguin au profit des pôles administratifs qui laisseront le site vide le soir et les jours fériés. Plutôt que de faire de ce lieu un ghetto pour privilégiés et hauts fonctionnaires, qui ne rapportera pas un centime de taxe professionnelle à la ville de Boulogne-Billancourt, ouvrons l’île aux Boulonnais en créant ici un lieu culturel très innovant". Le candidat UMP aurait par ailleurs noué des contacts avec les promoteurs pour évoquer un transfert de leurs projets sur le Trapèze.
Question au Premier ministre
Quant à la liste d’Union et Citoyenne (PS, PCF, MRC, Verts), emmenée par Marie-Hélène Vouette, elle est favorable au maintien des projets déjà engagés, au motif que leur annulation obligerait à des compensations financières trop importantes mais propose la création de plusieurs équipements : un Espace dédié à l’histoire sociale et industrielle du site de Billancourt, une Cité des savoirs du 21ème siècle...
D’ici aux élections municipales, un élément nouveau pourrait intervenir avec la réponse du Premier ministre à la question que lui a posée Jean-Pierre Fourcade, sénateur des Hauts-de-Seine. "La question se pose de savoir à quel titre un conseiller du président de la République peut intervenir sur un territoire municipal et mettre en péril les promesses de ventes déjà intervenues" s'interrogeait-il devant le Sénat le 31 janvier dernier. Pour l'heure, la question est toujours sans réponse."





