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lundi 17 décembre 2007

André Santini, pas pressé de baisser de 20% le prix de l'eau à Boulogne, ordonne une hausse !



Décidément André, il n'y a pas urgence à améliorer les conditions de vie des francais...


Forcément le cumul des mandats, ça empêche d'être réactif, et ça n'est pas très républicain ça...





LE PARISIEN




HIER, le Syndicat des eaux d'Ile-de-France (Sedif), réuni à l'usine de Choisy-le-Roi (Val-de-Marne), a décidé une augmentation de 2 % sur la part du prix de l'eau.




L'organisme, présidé par André Santini, maire Nouveau Centre d'Issy-les-Moulineaux, qui gère l'eau de 144 communes d'Ile-de-France dont 21 dans les Hauts-de-Seine*, n'a pas voulu suivre les arguments de la minorité politique du conseil syndical qui demandait une baisse de 20 % du prix de l'eau effective dès le 1er janvier.




« Nous, maires et délégués du Sedif avons demandé au président d'inscrire cette question à l'ordre du jour, mais il nous a rétorqué que celle-ci était arrivée deux jours trop tard et que, de toute façon, la question était délicate et sensible... », explique Christian Métairie, président de la communauté d'agglomération du Val de Bièvre et maire adjoint Gauche citoyenne d'Arcueil (Val-de-Marne).






L'article payant ici.

mercredi 21 novembre 2007

"La droite, à Boulogne, ce sont les Atrides !"

Et c'est reparti !

Après des décennies de luttes fratricides entre les clans de la droite, dignes de la guerre froide,


voilà Pierre-Christophe Baguet qui veut prendre la place du maire UMP !



Au point qu'on entendit en coulisses : "Là bas, ce sont les Atrides !".

Pour cela, une stratégie de longue haleine lui permis d'arriver à ses fins : la désignation par l'UMP pour les municipales 2008.


Pendant les intrigues, le maire actuel mouille sa chemise, freiné par les guerres de clochers des hautes sphères (Conseil général, Présidence, parti)




Si vous avez manqué le début... : voici ce qui se disait en 1995 puis en 1997 à propos des prétendants :








Archives de l’Express

Municipales 95 - L'assaut de l'UDF par Florent Leclercq

Ici, c'est Jean-Pierre Fourcade, soutenu par l'ancien maire Georges Gorse, qui sonne la charge contre Paul Graziani, poulain, lui, de Charles Pasqua.

La deuxième ville d'Ile-de-France est l'objet d'une âpre bataille, qui fait dire à un élu du voisinage: «Là-bas, ce sont les Atrides.»
En apparence, il s'agit d'un conflit classique à droite, rendu possible par le fait que les Boulonnais votent massivement pour la majorité: le sénateur maire RPR Paul Graziani défend son bien contre l'assaut du sénateur UDF Jean-Pierre Fourcade. En réalité, cet affrontement s'explique - et se complique - de huit façons possibles.
Au départ, une guerre de succession secoue le conseil général des Hauts-de-Seine. Charles Pasqua a laissé le fauteuil de président à Paul Graziani, qui l'a déjà remplacé au Sénat. Accord entre Corses, aux clauses mystérieuses. En 1988, François Mitterrand réélu, Pasqua doit quitter la Place Beauvau. Il veut réintégrer ses pénates à Nanterre, au siège du conseil général, mais Graziani s'accroche. Au terme de manœuvres souterraines, avec l'aide du couple Balkany de Levallois-Perret, Pasqua le pousse dehors.
S'ensuit un parricide à Boulogne. Graziani réinvestit la ville: il est premier adjoint de Georges Gorse. En 1991, il renverse l'ancien ministre du général de Gaulle et s'assied dans son fauteuil.
Très vite, le conseil municipal tourne à la mêlée générale. Graziani y est mis en minorité. Son dernier budget est repoussé. Et la ville, mise sous tutelle préfectorale. Le groupe des dissidents de la majorité, mené par un jeune élu UDF, Pierre-Christophe Baguet, comprend aussi l'ex-premier adjoint, le Dr Georges Duhamel, et le gendre de Gorse, pour lequel l'affaire a un parfum de vengeance.
Cependant, Graziani traîne un boulet: la mauvaise gestion de la SA2B, la société d'aménagement de Boulogne-Billancourt. Pour garder le contrôle de la grande ZAC du centre-ville, il l'avait d'abord confiée à une structure départementale qu'il présidait, la SEM 92. Vidé par Pasqua, il l'a rapatriée, en même temps que lui, dans la SA2B. Il a vu trop grand et trop cher. Les pertes s'entassaient, sans que l'opération avance. Finalement, la SA2B a été mise en liquidation. Bouygues joue les repreneurs. Mais la ville s'est portée caution. Les contribuables y seront de leur poche, dit-on, pour des centaines de millions de francs. En attendant, seules les herbes folles profitent des terrains vagues au centre de Boulogne.
L'affrontement Chirac-Balladur n'a pas simplifié les choses. Ministre d'Edouard Balladur, Pasqua l'a suivi. Fourcade aussi, comme la majorité de l'UDF, mais contrairement à Valéry Giscard d'Estaing, qui avait fait de lui un ministre des Finances. Gorse est resté fidèle à Chirac, pour qui s'est aussi prononcé Baguet. Graziani, lui, a timidement emboîté le pas à Pasqua. Après le retournement des sondages, il s'est montré au meeting de Chirac pour les Hauts-de-Seine, organisé porte de Saint-Cloud. Il y a reçu un accueil très mitigé. Mais il a eu l'investiture du RPR.
Fourcade et Graziani se livrent un duel à mort, dont l'objet est aussi leurs sièges de sénateur, renouvelables en septembre. Le futur maire, quel qu'il soit, sera d'autant mieux placé que Boulogne, avec ses 110 000 habitants, dispose d'un fort contingent de grands électeurs, qui reflétera la composition du prochain conseil municipal. Tandis que le perdant perdra tout, c'est presque certain. La passion n'enflamme pas les rues de la cité, mais elle éclot en tracts anonymes, ragots et coups bas.

L'enjeu politique cache un enjeu économique: les «terrains Renault», ces 50 hectares, la plupart sur Boulogne, libérés par la Régie. Sous l'appellation lénifiante de Val-de-Seine ou de Cité bleue, il s'agit de l'une des dernières grandes opérations immobilières à proximité immédiate de Paris.
Le RPR boulonnais est divisé. Gorse l'a en partie entraîné derrière Fourcade, sur la liste duquel figure l'essayiste chiraquien Guy Sorman. Mais Pasqua soutient Graziani. Allez comprendre pourquoi! Et le maire sortant a trouvé deux «béquilles», comme les appelle ironiquement son prédécesseur: Roger Karoutchi, premier collaborateur de Philippe Séguin, suivi - et surveillé - par Pierre-Mathieu Duhamel, nouveau directeur adjoint du cabinet d'Alain Juppé, ainsi opposé à son père, le Dr Duhamel. Les Atrides, on vous dit!





Spécial élections - 9e circonscription, Boulogne-Billancourt - Embrouillamini à droite par Christophe Barbier. 22 mai 1997.


Jean-Pierre Fourcade doit en perdre le sommeil! Dans cette 9e circonscription des Hauts-de-Seine, c'est l'équipe municipale qu'il a menée à la victoire contre Paul Graziani, en juin 1995, qui est au bord de l'éclatement. Avec un potentiel de 70% des voix pour la droite, Boulogne, c'est un petit paradis; elle a réussi à le transformer en enfer.
A 82 ans, le sortant RPR, Georges Gorse, élu pour la première fois en 1945, ne veut pas dételer. «Ce n'est pas le Tour de France, arguë son suppléant, le très libéral penseur Guy Sorman. A 84 ans, mon maître Friedrich von Hayek a écrit son ouvrage majeur.» Cela n'empêche pas Pierre Christophe Baguet, qui, à 41 ans, pourrait être le petit-fils de Gorse, d'être furieux. Cet UDF, stratège de l'éviction de Graziani, pensait avoir la voie libre: Fourcade au Sénat; son premier adjoint, c'est-à-dire lui-même, à l'Assemblée. «Gorse est rejeté comme Graziani à la fin», dit-il, cinglant. Jean-Pierre Fourcade, lui, est resté neutre, ainsi qu'il l'a écrit à tous les Boulonnais, leur demandant néanmoins de choisir entre l'homme d'Etat Gorse et l'homme d'avenir Baguet. Fernand Choisel, autre candidat RPR, déclare: «Fourcade m'a dit qu'il ne serait pas neutre jusqu'au bout.» Certains pensent que son cœur vote Baguet et sa raison Gorse: «Fourcade a très peur que Baguet ne perce et ne lui vole la mairie en 2001», souffle un cacique UDF.
La campagne n'a pas tardé à s'aigrir. Le 7 mai, Gorse tente d'interdire l'usage du sigle RPR à ses adversaires: il est débouté. Plus tard, c'est une BD qui circule sur le marché, moquant «Baguiz-nogoud». «Un tract le surnommait “Bac - 6”, déplore André Santini, député UDF voisin et grand marionnettiste de cette élection. J'ai écrit à Gorse pour dénoncer ce tract fascisant.»Les autres candidats de droite sont plus détendus. Ainsi, Christine Bruneau, prétendante villiériste, pose en tee-shirt sur son affiche. «Tu feras un tiers de tes voix sur tes idées, un tiers sur ton suppléant (un autre adjoint de Fourcade) et un tiers sur tes yeux», lui a confié Gérard Askinazi, encore un candidat RPR. Il se pourrait bien que le troisième tiers soit le plus gros... Elle compte aussi sur la fête des familles de samedi soir et sur celle des Mères le jour du vote. Fernand Choisel a choisi de poser en bord de Seine, le regard au loin, laissant sa suppléante, la populaire Chantal Pozzo di Borgo, fixer les électeurs.
Dans cette ville où les personnes âgées représentent 25% de la population, et où de nombreux jeunes votent ailleurs, le suffrage démographique aura son importance. Chargée des questions familiales à la mairie, Christine Bruneau peut en profiter. L'antique Gorse aussi. «Bruneau va fixer le vote FN, prédit Sorman, et elle s'est engagée à soutenir Gorse au second tour.» Peut-on élire un octogénaire sans voter surtout pour son suppléant? «C'est évident: Sorman a acheté une députation en viager», sourit Santini. «Il y a une moins-value Sorman», affirme Choisel. «Je serai plus qu'un suppléant, reconnaît Sorman. Une sorte de député adjoint qui tient la permanence et gère les dossiers économiques.»
Si la majorité avait autant de dissidents partout en France, elle aurait plus de 2 000 candidats! Ailleurs qu'à Boulogne, le candidat PS profiterait d'un tel embrouillamini d'ambitions. Ici, Pierre Gaborit ne peut nourrir que peu d'espoir. La droite est en son jardin, même si elle vient d'inventer sa version du «désespérer Billancourt».



De quoi écoeurer les électeurs et les convaincre de faire confiance désormais à des candidats comme ceux du PS, privilégiant depuis toujours propositions, loyauté et éthique ?
Et il parle de "nouvelles têtes dont les électeurs on envie" ? Prenons le au mot...

mardi 12 juin 2007

Notre Député : souvenez vous de "Santini, le cousin flingueur." (2004)

Vu sur le blog désormais effacé des Verts :

"Libération, no. 7084 Thomas LEBEGUE ; Paul QUINIO GRAND ANGLE, vendredi 20 février 2004, p. 38, 39

Avec son bagout, ses réseaux et son expérience politique, le maire d’Issy-les-Moulineaux tente sa chance en Ile-de-France pour l’UDF. André Santini risque de gêner le candidat de l’UMP, Jean-François Copé, face à Jean-Paul Huchon, président (PS) sortant.

Avec son bagout de fils de cafetier, sa bedaine d’homme politique bien installé, et sa réputation de boute-en-train, il n’avait, a priori, pas le profil de l’emploi. Pourtant, en prenant la tête de liste UDF des élections régionales en Ile-de-France, André Santini, 63 ans, maire d’Issy-les-Moulineaux depuis 1980, député des Hauts-de-Seine depuis 1988, a endossé les habits d’emmerdeur numéro 1. Il est parti en croisade anti-UMP en Ile-de-France, face à Jean-François Copé, porte-parole d’un gouvernement aux abois, dans une région où la droite, longtemps hégémonique, rêve de se refaire une santé sur le dos du socialiste Jean-Paul Huchon, le peu charismatique président sortant, candidat à sa succession.

André Santini candidat, c’est un chien dans le jeu de quilles francilien, qui espère rafler des voix à l’UMP comme à gauche. Le spécialiste ès-bons mots des couloirs de l’Assemblée nationale fait peur à ses adversaires. Dès que fut connue son intention de partir à la bataille, les chiraquiens ont sorti l’artillerie lourde pour l’en dissuader. Le principal conseiller de Jacques Chirac, Jérôme Monod, lui a proposé d’être tête de liste unique de la droite ­ à condition d’adhérer à l’UMP. « Je suis trop vieux pour ça ! », aurait répondu Santini. Trop rusé, surtout, pour laisser passer la chance historique pour l’UDF de s’emparer de la première région de France. Car « il y croit dur comme fer », assure une de ses relations. Les instituts de sondage le créditent de 17 à 25 % des intentions de vote, le plaçant parfois devant Copé. Et le président de l’UDF, François Bayrou, met la pression constante sur son protégé. « C’est mon coach », rigole Santini.

Une gouaille garantie pur bistrot

Santini soigne depuis des années son image d’amuseur public. Sa gouaille populaire, travaillée au
point d’en faire un fonds de commerce éditorial, lui garantit le succès dans les rues de sa ville, les studios radios (les Grosses Têtes) et sur les plateaux de télévision (Qui veut gagner des millions). « A 12 ans, il servait des coups de rouge et ramassait les mecs bourrés dans le bistrot de son père », raconte Pierre-Christophe Baguet, député UDF des Hauts-de-Seine. « Mettez-le sur un marché et tout le monde se pointe ! », témoigne son ami Hervé Marseille, maire UDF de Meudon. Même s’il fait un peu la gueule sur son affiche de campagne, sa boîte de communication attitrée (Euro 2C, proche de l’ex-RPR) lui a trouvé un slogan conforme à son image : « Retrouvons le sourire ». Un bon résumé de son pedigree. Plus proche des gens que des dossiers, quitte, parfois, à verser dans la démagogie. En décembre, le président du club des fumeurs de cigares de l’Assemblée nationale défilait aux côtés des buralistes victimes de la hausse du tabac. Aujourd’hui, dans son programme de campagne, il propose de « faire sauter les 60 principaux bouchons franciliens ». La solution ? « Utiliser la bande d’arrêt d’urgence dans un sens le matin, et dans l’autre le soir ». Fallait y penser. « Il est anti-énarque et fier de l’être », résume son ami Hervé Marseille. Huchon et Copé apprécieront.

Si André Santini a accepté ce rôle d’emmerdeur, c’est qu’il en est un. Un vrai, et beaucoup moins drôle qu’il n’y paraît. Derrière André qui « a l’air sympathique » se cache un Santini capable d’être « odieux ». « Une cérémonie de voeux à la mairie consiste à se faire traiter de cons pendant une heure », rapporte un employé municipal d’Issy-les-Moulineaux. « Je l’ai vu faire pleurer des gens en comité de quartier », racontent deux membres de l’opposition. Corinne Bord, conseillère municipale socialiste, parle d’un homme « autoritaire, méprisant ». Elle plaint encore cet ancien élu PS, « malade de trouille une semaine avant le conseil municipal ». La jeune élue se souvient d’avoir été traitée de « morveuse ». La condescendance a seulement cessé, dit-elle, quand elle a obtenu du tribunal administratif l’invalidation du règlement intérieur du conseil municipal pour non-respect des droits des élus minoritaires. Un article y précisait qu’un conseiller municipal d’opposition n’avait pas le droit de prendre la parole plus d’une fois par sujet... Un membre de l’administration confirme qu’André Santini trône sans partage du haut de sa pyramide municipale. « Autocrate » : le mot revient sans cesse chez les détracteurs de la tête de liste UDF. Son ancien directeur de cabinet, Pierre-Christophe Baguet, aujourd’hui député des Hauts-de-Seine, le défend en expliquant qu’un homme qui « bosse du matin au soir, y compris le week-end », n’a « pas le temps de faire confiance ». Sinon à lui-même et à sa bonne étoile isséenne.

Un « médialand » en Ile-de-France

Car Santini a un miroir dans lequel il se regarde chaque jour pour apercevoir sa réussite : Issy-
les-Moulineaux et ses immeubles aux parois de verre qui poussent comme des champignons. Il répète d’ailleurs à qui veut l’entendre : « Je veux faire en Ile-de-France ce que j’ai fait à Issy-les-Moulineaux. » Qu’a-t-il fait ? « Un médialand », selon sa propre expression. Jacques Séguéla (EuroRSCG) a été un des premiers à s’y installer en 1983, suivi par le journal l’Equipe en 1987, puis TPS, Eurosport, le groupe Marie-Claire, Compaq, Wanadoo, Cisco System, et, pour finir, Canal +. Une réussite économique que le maire s’approprie sans fard. Santini dispose d’un slogan pour chaque situation. Là, c’est « 70 000 salariés pour 63 000 habitants ! ». Cet ancien prof de droit fiscal est intarissable sur sa manière de draguer les patrons, parfois jusqu’au bout du monde, en anglais avec le PDG de Hewlett qu’il va chercher à l’aéroport, en japonais avec celui de Dunlop (il est diplômé des langues orientales et ne se prive d’aucune occasion de le rappeler). Un ministre UMP, fin connaisseur du département, fait remarquer qu’il faut « relativiser » ce boom économique : « Issy est située sous le robinet d’or », au coeur de la principale zone d’activité francilienne, à deux pas de Paris, dans le département le plus riche du pays, les Hauts-de-Seine.

Pour crédibiliser cette image de modernité et de dynamisme que lui confère l’expansion économique de sa ville, André Santini mise aussi depuis des années sur l’Internet. « Je m’y suis mis quand tout le monde croyait qu’Internet était une nouvelle marque d’aspirateur ! », plaisante celui qui n’a pas de téléphone portable. Conseil municipal d’Issy-les-Moulineaux retransmis en direct sur la toile, crèche municipale surveillée par des caméras numériques afin que les parents puissent se connecter, formulaires administratifs en ligne sur le site municipal... : bienvenue à Issy-les-Moulineaux-on-line. Du coup, pour sa campagne francilienne, il propose un nouveau gadget : la création d’un « gigantesque forum en temps réel sur Internet ». Ses ennemis ricanent : « Il ne sait même pas allumer son PC », confie, vachard, un de ses anciens collaborateurs.

Qu’importe. André Santini a décidé de jouer les « Monsieur Plus » de la campagne. Jean-François Copé propose d’instaurer une carte orange à tarif unique, 45 euros ? Le chef de file UDF réplique en suggérant la construction d’une sixième ligne de RER, Esope, pour Est-sud-ouest Paris express (reliant les Yvelines à la Seine-Saint-Denis, via Paris). L’idée, qui figure au schéma directeur régional 1994-2015, n’est pas saugrenue. Elle est aussi coûteuse. Le chiffrage à la louche de Santini : 800 millions d’euros. Le sujet n’est de toute façon pas franchement sa spécialité, lui qui ne se déplace jamais sans son chauffeur, et ignorait, il y a quelques jours encore, le nombre de zones RATP. Mais comme toujours, la communication, elle, est bien rodée. Un bon mot pour lancer l’idée : « On ne nous transporte pas, on nous roule ! » Une touche de mégalomanie visionnaire : « On montrera aux Français que les grands travaux sont de retour. »

Les grands travaux, Santini connaît. L’argent qui coule à flots dans les Hauts-de-Seine, du fait de la taxe professionnelle versée par les entreprises, lui a permis de lancer quelques projets aux dimensions pharaoniques. Celui du « fort numérique » vise à reconvertir une vieille caserne militaire de la ville en « cité du troisième millénaire », avec Internet et domotique intégrés Ñ un projet virtuel qui ne devrait pas voir le jour avant 2008. Le maire d’Issy-les-Moulineaux s’est également lancé dans un grand projet culturel : la création d’une fondation d’art contemporain sur l’île Saint-Germain, un des derniers poumons verts de la ville. Après un recours déposé par l’association écologiste Val-de-Seine-Vert, les travaux sont aujourd’hui arrêtés. Et la justice saisie de gros doutes sur un éventuel détournement de fonds publics via le syndicat mixte de l’île Saint-Germain, cofinancé par la ville d’Issy-les-Moulineaux et le département des Hauts-de-Seine ­ soit André Santini et Charles Pasqua.

Dans l’ombre de Charles Pasqua

Les deux hommes se connaissent en effet depuis trente ans et se sont rendu de menus services.
En 2002, Santini a, par exemple, pris la tête du Mouvement des élus locaux (Mnel), une association d’élus locaux de droite, proche de Pasqua. Or cette fonction lui vaut d’être aujourd’hui renvoyé devant le tribunal correctionnel de Paris pour « abus de confiance ». Des détournements de fonds ont été constatés au sein de la Mutuelle des élus, proche du Mnel, avant sa nomination. Mais la vraie base de repli d’André Santini depuis vingt ans, c’est le Syndicat des eaux d’Ile-de-France, ou Sedif, le plus gros syndicat intercommunal d’Europe. Budget : 470 millions d’euros, et 4 millions de Franciliens au bout des robinets grâce à une délégation de service confiée à la Générale des eaux. Celui qui se la joue modeste élu local est à la tête d’un impressionnant réseau d’élus et bénéficie de contacts privilégiés avec l’un des plus gros distributeurs d’eau du pays.

Malgré tous ses efforts pour se présenter en candidat de rupture voulant mettre fin à « la partie de flipper UMP-PS qui dure depuis vingt-cinq ans », Santini va donc avoir du mal à faire oublier qu’il est lui-même un pur produit du système RPR-UDF. Sous-ministre de Jacques Chirac dès 1986 (aux Rapatriés puis à la Communication), il a grandi dans l’ombre de Pasqua. C’est lui qui l’a « installé » à la mairie d’Issy-les-Moulineaux au début des années 1980. Lui, encore, qui lui avait promis sa succession à la tête du conseil général des Hauts-de-Seine, en 2001 ­ avant de se raviser. Depuis ce passage de témoin raté, le député francilien rêve de retrouver un poste d’envergure, de préférence ministériel. « C’est sa corde sensible », reconnaît l’un de ses amis, qui ajoute que les portes du gouvernement actuel, trop marqué UMP, lui sont pour l’instant fermées. En attendant mieux, Santini se contenterait bien d’ajouter sur sa carte de visite : président de la première région de France.

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