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jeudi 17 décembre 2009

Le grand défi : L'île Seguin.

Le Point :

Meccano. Les chantiers se multiplient, mais c'est encore et toujours sur l'île Seguin que les esprits s'agitent le plus

Son prédécesseur, Jean-Pierre Fourcade, ne voit en lui qu'un « maire inaugurateur », ses partisans le considèrent plutôt comme un « maire bâtisseur ». « Pierre-Christophe Baguet joue aux Legos avec sa ville, mais il a une vision globale sur les 50 prochaines années, claironne Gauthier Mougin, son adjoint chargé de l'urbanisme. A son arrivée, il nous a dit : "Voyez grand, voyez large." » Le grand défi de sa mandature ? L'achèvement du quartier Ile Seguin-Rives de Seine, bien sûr ! Entamé par Jean-Pierre Fourcade, le chantier a été l'objet d'une violente bataille entre les deux rivaux pendant la campagne municipale de 2008. Et pour cause : quelle ville de la région parisienne dispose encore d'une friche de 74 hectares, prête à accueillir l'équivalent de la population de Chaville, soit environ 18 000 habitants, et dotée d'un site aussi emblématique que l'île Seguin ? De quoi aiguiser l'ambition du nouveau maire, qui a donc remis à plat le projet Fourcade, pour y graver son empreinte.



L'ÎLE SEGUIN



Annoncé comme révolutionnaire, le projet d'aménagement de l'île Seguin du nouveau maire a été depuis édulcoré : les guinguettes et la halle pour défilés de mode ou marchés de Noël ont disparu. Et certains projets programmés par Jean-Pierre Fourcade ont finalement été conservés, tels l'hôtel quatre étoiles et la résidence d'artistes. Pour le reste, Pierre-Christophe Baguet a emboîté le pas au président du conseil général, Patrick Devedjian, et à son projet de « Vallée de la culture », dans laquelle l'île Seguin doit s'insérer. Exit donc la partie scientifique de l'île. Ce que ne laisse pas de regretter Jean-Pierre Fourcade. « Refuser d'implanter un grand centre de recherche médicale et de sciences de l'homme est une erreur historique, estime le sénateur. Mais la faute n'en incombe pas seulement à l'équipe municipale, elle remonte jusqu'au président de la République. » Nicolas Sarkozy a en effet défendu l'idée d'un jardin de sculptures. Il y aura bien un jardin de 4 hectares sur l'île Seguin, mais finalement sans oeuvres. Dessiné par Michel Desvignes, il sera ouvert au public sur une première tranche, au printemps prochain. « Il est urgent de rouvrir l'île aux Boulonnais » , explique Pierre-Christophe Baguet.



Le paysagiste a prévu des masses végétales hautes, mais pas d'arbres, et, dans un premier temps, une grande pelouse qui restera à aménager pour accueillir des événements, des restaurants et un lieu à la mémoire de Renault. L'Elysée n'en conserve pas moins des vues sur le site, avec notamment un projet de musée de l'Histoire de France et des Français. Autre projet, voté celui-là, et doté de 150 millions d'euros : la Cité de la musique, portée par le conseil général, qui a racheté la pointe aval - où devait s'installer la fondation Pinault - pour 1 euro symbolique à la ville (voir page X). Le maire, qui ambitionne d'y installer aussi le conservatoire à rayonnement régional, espère bien que l'annonce de cette cité vouée à la musique aura un effet d'entraînement sur les autres projets.



« L'intérêt pour l'île ne se dément pas, affirme André Moine, directeur général de la Saem Val de Seine, la société anonyme d'économie mixte chargée de l'aménagement des terrains Renault. Mais il était urgent de montrer qu'il s'y passe quelque chose. » Sur le reste de l'île, toutes les spéculations sont encore de mise. Sur la pointe amont, le maire rêve d'un complexe consacré à l'art contemporain.



Au centre, il imagine un pôle cinématographique ultramoderne ainsi qu'un équipement voué à la création numérique, en partenariat avec le Cube d'Issy-les-Moulineaux, lieu unique en France de formation, d'exposition et d'incubation de jeunes entreprises spécialisées dans ce domaine. Equilibre budgétaire oblige, les 40 000 mètres carrés de bureaux prévus par la municipalité seraient affectés aux « industries culturelles ». « Je suis en contact avec des sociétés de jeux vidéo et une station de radio », affirme le maire.



Ce qui n'empêche pas Jean- Pierre Fourcade de s'inquiéter des finances de la Saem Val de Seine, « qui a dû emprunter 100 millions d'euros ». André Moine balaie le problème d'un revers de main : « L'emprunt finance les dépenses en attendant les recettes des projets ; c'est une opération courante dans ce genre d'aménagement. » En attendant, ces projets rendront- ils l'île Seguin aux Boulonnais, comme l'avait annoncé Pierre-Christophe Baguet pendant la campagne électorale ? « Non, répond sans hésiter la conseillère municipale socialiste Marie- Hélène Vouette. Ils ne serviront que partiellement aux habitants. Mais cequi m'inquiète le plus, c'est que la ville perde la maîtrise de l'aménagement en laissant entrer le conseil général, Issy-les-Moulineaux et l'Etat : les Boulonnais ont payé le terrain et la ville n'aura aucun retour financier ! » Petite consolation pour les déçus du projet Baguet : la nomination en juillet dernier de Jean Nouvel comme architecte coordonnateur. Sa première proposition devrait être présentée au printemps. Pour le moment, il se murmure que le concepteur du musée du Quai-Branly rêve de poser au milieu de l'île une grande serre recouvrant une place publique plantée, à l'image de la gare d'Atocha, à Madrid.



LE TRAPÈZE CÔTÉ OUEST



De l'autre côté de la Seine, en revanche, le Trapèze prend forme. La partie ouest était déjà bien entamée à l'arrivée de Pierre-Christophe Baguet à la mairie. Le 17 octobre, les Boulonnais ont ainsi pu découvrir le nouveau Cours de l'île Seguin, bordé de logements et de bureaux à l'architecture contemporaine. Au printemps, un petit quart du parc de Billancourt, qui s'étalera à terme sur 7 hectares, ouvrira au public. Suivront, à la rentrée 2010, la livraison d'une première crèche, de 65 logements sociaux et d'un groupe scolaire de 18 classes maternelles et élémentaires. La tour Horizons de Jean Nouvel, bâtiment de bureaux de 19 étages - composé de trois volumes superposés de taille décroissante reliés par des terrasses végétales -, verra le jour à la mi-2011, ainsi que la crèche construite à ses pieds, contenant 60 berceaux et 20 places de halte-garderie. En septembre prochain, la première école publique bilingue fera également sa rentrée. « Il s'agit d'une école pilote dans laquelle tous les enseignants seront natifs de pays anglosaxons », annonce le député maire.



Une bonne nouvelle pour le représentant boulonnais du MoDem, Sylvain Canet, par ailleurs directeur de l'école du Forum au pont de Sèvres : « Nous sommes en discussion pour que les écoliers de mon quartier aient accès à une offre équivalente. » Au total, sur l'ensemble du Trapèze, 2 600 logements sont prévus, dont un tiers de logements sociaux. A l'ouest, 800 auront été livrés à la fin de l'année. Toutefois, les premiers appartements occupés n'ont pas fait que des heureux : fuites d'eau, pannes d'ascenseur, autant de malfaçons constatées dans les immeubles déjà livrés. A 7 000 euros le mètre carré, les nouveaux habitants l'ont particulièrement mal vécu. « J'ai nommé un architecte à la retraite comme médiateur pour que les propriétaires puissent régler rapidement ces problèmes », assure Pierre-Christophe Baguet.



LE TRAPÈZE CÔTÉ EST



Moins contraint par les décisions de son prédécesseur sur la partie est du Trapèze, le député maire a choisi de réduire de 30 000 mètres carrés la partie logements initialement prévue et d'augmenter d'autant la partie bureaux. Conformément à la révision du plan local d'urbanisme (PLU) qu'il a engagé, il s'agit pour Pierre-Christophe Baguet de limiter la densification de la ville. « On est déjà à 17 000 habitants au kilomètre carré », note l'édile. Et de rappeler qu'à son arrivée Boulogne a failli être placée sous tutelle préfectorale du fait de son niveau d'endettement - 224 millions en 2008. « Les bureaux permettront de payer les équipements », explique le maire. « Quels équipements ?, s'interroge l'opposante Marie-Hélène Vouette. Pour le moment, il n'y a que le strict minimum. Le Trapèze est une zone privée, sur laquelle des promoteurs montent des opérations, pas plus. » Sur cette partie, cinq îlots d'une surface totale de 175 000 mètres carrés ont été programmés en mars dernier. Les futurs habitants devraient y trouver un foyer d'accueil médicalisé, un jardin d'enfants, un espace pastoral catholique, une crèche de 1 000 mètres carrés, un lycée, des commerces et des restaurants. Mais rien ne sortira avant 2013, la crise est passée par là. « On laisseun an aux promoteurs après la signature du permis de construire pour lancer les travaux », explique André Moine.



LE QUARTIER DU PONT DE SÈVRES



A côté, le quartier du Pont de Sèvres, marqué par l'architecture sur dalle des années 70, va être rénové. « On ne fera jamais de miracle sur ce quartier, prévient d'emblée Gauthier Mougin. Mais on veut le rendre plus accueillant et l'ouvrir sur le reste de la ville. » Concrètement, les façades des trois tours de bureaux vides, détenues par General Electric, vont être liftées par l'architecte Dominique Perrault. Qui occupera ces futures tours de verre à leur livraison dans deux ans ? Le maire affirme être en contact avec sept entreprises. Quant à la gare routière, Pierre-Christophe Baguet envisage de l'enfouir, comme un premier pas vers son projet de tunnel sous la RN 10 ou la RD 1. Dans le Forum, la crèche des Lavandières sera détruite au profit d'une place arborée, qui verra le jour en 2011. Et pour relier le quartier au Trapèze, le boyau technique situé dans le prolongement du passage d'Aquitaine laissera place à une galerie commerciale. Enfin, la ville a lancé, avec l'Agence nationale pour la rénovation urbaine, un projet de modernisation des 1 200 logements sociaux du Pont de Sèvres, pour un coût de 100 millions d'euros. Reste qu'aujourd'hui le projet est au point mort car, sur la partie haute de la dalle, les locataires refusent l'augmentation de loyer qui résultera de la rénovation de leurs appartements. « Cela pénalise l'ensemble de notre programme », regrette l'adjoint à l'urbanisme. Ce dernier peut toujours se consoler avec les 19 projets envisagés dans les autres quartiers de Boulogne pour améliorer la circulation et mieux agencer les équipements publics. Deux d'entre eux ont été votés autour de la place du Marché et du centre de gérontologie des Abondances. Mais aucun calendrier n'est pour l'instant fixé

jeudi 31 juillet 2008

Le nouveau trapèze : les photos

Le Moniteur expert.com présente un Portfolio interessant sur le Boulogne de demain.

Le voici, en plus lisible:


(Crédits Gérard Halary) : Le quartier du Pont de Sèvres, les terrains Renault et l'Ile Seguin à Boulogne Billancourt : 70 hectares à rénover.
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(Crédits Agence Devillers) : Le Quartier du Pont de Sèvres

Le projet de rénovation de ce quartier des années 70 prévoit la réalisation de 5 accès majeurs, la réfection complète des espaces de circulation du quartier, la rénovation des logementset parties communes des immeubles de l'OPAC de Paris (1270 logements sociaux), un passage commercial et un parking public de 800 à 1000 places sous la dalle.

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(Crédits Agence Devillers) : Quartier Pont de Sèvres - La Montée
Une large rampe entre la tour de bureaux Amboise et la résidence Aquitaine permettra d'accéder directement de l'avenue du Général Leclerc au Forum Haut (qui sera rénové).
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(Crédits Agence Devillers) : Quartier Pont de Sèvres - Passerelle Constant Lemaitre

Une rampe pour redescendre du Forum Haut jusqu'au pied du Renault Square Com

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(Crédits SAEM Val de Seine Aménagement) : Trapèze Ouest - fin 2011

Sur le trapèze Ouest, les travaux sont largement engagés et les premiers immeubles livrés. Les premiers équipements publics de proximité seront livrés début 2010. A l'échéance mi-2011, l'axe du cours de l'île Seguin sera entièrement achevé. Et le Trapèze Ouest sera terminé en 2012 avec la livraison du dernier grand îlot en bord de Seine.
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(Crédits Hervé Abbadie) : Bâtiment KHAPA de Hines et Foster.

14 immeubles sont en chantier sur le Trapèze Ouest, représentant une surface de 13.000 m² SHON, dont l'immeuble de bureaux Khapa réalisé par Hines et Norman Foster pour Gecina qui le louera au laboratoire pharmaceutique Ipsen.

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(Crédits Hervé Abbadie) : L'ANGLE, futur siège de L'Equipe

Le quotidien sportif s'installera en janvier 2009 dans l'immeuble "l'Angle" situé à l'entrée du cours de l'île Seguin et réalisé par Hines et Jean-Paul Viguier.

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(Crédits Dominique Perrault Architecture)

Au total plus de 1600 salariés vont occuper le Tapèze Ouest au premier trimestre 2009.

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(Crédits Vincent Cornu) 1100 logements au total seront construits, des immeubles sur les berges

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(Crédits Ibos et Vitart) Sur les 110 logements mis à la vente sur le Trapèze Ouest depuis le début de l'opération, les promoteurs du groupement DBS (Nexity, Vinci Immobilier, Icade et Hines pour les bureaux) en on ont d'ores et déjà commercialisé 850 soit rès de 80 %.
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(Crédits LAN Architecture) Les premiers habitants du Trapèze Ouest arriveront au premier trimestre 2009.

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(Crédits Ateliers Jean Nouvel) La "Non-Tour" ou Tour Horizons de Jean Nouvel est l'un des projets forts du nouveau quartier.

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(Crédits Agence TER) Au centre du Trapèze, un parc de 7 hectares.

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L'ïle Seguin Le maire Pierre-Christophe Baguet, veut faire de l'Ile Seguin, une île "plus verte, plus ouverte", que ne le projettait son prédecesseur. Ainsi, à chaque pointe de l'île sera édifié un grand équipement culturel public. Au centre de l'île Seguin sera créé sur 40.000 mètres carrés un pôle de bureaux tournés vers les industries culturelles, les nouvelles technologies et les médias.

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(Crédits Hervé Abbadie) : Vue Pont Renault et Trapèze Ouest

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Une salle de spectacles en forme de conque accueillera des productions du spectacle vivant et sera financée par le conseil général des Hauts-de-Seine.

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Un pôle de loisirs culturels sera développé avec la construction d'une grande halle pour accueillir divers événements. Un cinéma, des librairies, des galeries d'art, des guinguettes, un restaurant haut de gamme s'installeront également sur l'île.Une galerie monumentale pour des manifestations d'art plastique et dont le coût sera pris en charge par l'Etat.

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Un jardin de création de 4 à 6 hectares se déploiera sur près de la moitié de l'île.

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mercredi 6 février 2008

Promenade virtuelle en 3D à l'intérieur du projet "Rives de Seine"


Accès à la video. C'est spectaculaire, on s'y croirait. Voir si la réalité sera à la hauteur.


Mais... vous n'avec pas remarqué quelque chose ?

Avez-vous distingué une piste cyclable ? un équipement sportif ou un square de basket pour les jeunes ? un ciné ou un théatre ? ou est la convivialité ?

Travailler plus, ou fraternité ? quel avenir veut-on pour nos citoyens ?


Le monde qu'on nous prépare doit replacer l'humain au centre de la ville. Ces batiments massifs, aux parois de verre et d'acier glaçant laisse le piéton anonyme et de passage. Il faut lui donner l'occasion de s'arreter, d'échanger, de parler au papy posté à sa fenetre du Rdc, jouer aux boules et acheter un journal au kiosque, écouter du violoncelle au kiosque à musique, écouter le gignol du jardin.

Peu mieux faire M. Fourcade... Encore un effort.


L'article du Moniteur-Expert:

"L’île Seguin, enjeu des municipales à Boulogne-Billancourt (+ vidéo)

Quel avenir pour l’île Seguin ? La réponse appartient aux Boulonnais qui, les 9 et 16 mars prochain, auront à se prononcer entre deux projets contradictoires : d’un côté, celui de "jardin-musée de sculptures", cher à Nicolas Sarkozy, porté par Pierre-Christophe Baguet, candidat désigné par l’UMP ; de l’autre, celui imaginé par la SAEM Val de Seine Aménagement, défendu par son président, Jean-Pierre Fourcade, aujourd’hui adjoint au maire de Boulogne-Billancourt, chargé des finances et qui à 78 ans, repart à la bataille, après s’être mis en congé de l’UMP. Articulé autour du concept d’île des deux cultures, le projet de la SEM prévoit la construction de 175.000 m2 shon (résidences pour chercheurs et artistes, hôtel, campus universitaire, bureaux…) et la création d’un terrasse-jardin de 4,5 ha.

C’est un entretien accordé par Georges Marc Benamou au quotidien Libération (23 janvier) qui propulse l’île Seguin au cœur de la campagne municipale. "Il existe un projet fantastique, faire de l’île Seguin le plus grand jardin-musée de sculptures du monde, déclare le conseiller culturel du président de la République. C’est un rêve ancien de Nicolas Sarkozy quand il était président du conseil général des Hauts-de-Seine, ajoute-t-il, avant de préciser les contours du projet : Ce sera un musée à ciel ouvert : sur 13 hectares, des sculptures, une sorte de Zénith nouvelle génération, un grand musée, des ateliers d’art numérique, des lieux d’animation…Le grand lieu de vie, de promenade des Parisiens". Ce projet, qui coûterait environ 200 millions d’euros, est configuré par Daniel Janicot à qui le conseil général des Hauts-de-Seine a confié une mission d’étude sur le projet de "vallée de la culture". Fin 2006, ce conseiller d’Etat avait été nommé responsable de la mission de préfiguration du Centre européen de création contemporaine, projet lancé par Dominique de Villepin pour remplacer la fondation Pinault sur la pointe aval de l’île, et lui aussi abandonné.

Promesses de vente signées
Pour Jean-Pierre Fourcade, un jardin de sculptures occupant toute l’île Seguin est une idée "farfelue". "Sa réalisation entraînera des contentieux avec les promoteurs et des problèmes financiers", estime-t-il. La SEM, qui a acheté les 11,2 ha de l’île (à l’exception de 6.000 m2 conservés par Renault) pour 43 millions d’euros a déjà signé des promesses de vente avec trois opérateurs : le groupement Cogedim/Mosaïque/ Intercontinental pour la construction d’un hôtel 4 étoiles de 11.000 m2 (architecte : Opéra) ; la Caisse des dépôts et consignations et ING pour une résidence pour chercheurs et artistes de 12.500 m2 (architecte: FOA) et the American University of Paris pour l’implantation d’un campus de 21.000 m2 (architecte : Jean-Paul Viguier). "Il faudrait compter entre 5 et 6 millions d’euros d’indemnité par promoteur en cas de remise en cause de leur projet", estime Jean-Louis Subileau, directeur général délégué de la SAEM Val de Seine Aménagement.

Aujourd’hui, celui de l’hôtel est bloqué, le permis de construire faisant l’objet d’un recours. "Tout a été organisé pour que les travaux ne démarrent pas comme prévu fin 2007", remarque Jean-Pierre Fourcade. Les permis de construire des deux autres opérations ont été déposés. Par ailleurs, un quatrième projet est déjà bien avancé : celui de SMAC (Scène de musiques actuelles), un équipement de 6.000 m2, conçu par Rudy Ricciotti, avec la ville de Boulogne-Billancourt comme maître d’ouvrage.

Déficit financier
Selon Jean-Pierre Fourcade, la remise à plat du projet d’aménagement de l’île Seguin entraînerait un déficit de l’ordre de 100 à 150 millions d’euros. "Sachant que la ville de Boulogne-Billancourt est actionnaire de la SAEM Val de Seine Aménagement à hauteur de 64%, elle devra payer 64% du déficit", indique-t-il, les autres actionnaires étant la Caisse de dépôts et consignations (15%), le conseil général des Hauts-de-Seine (10%), la Caisse d’Epargne d’Ile-de-France et Dexia (5% chacun).
"Notre projet culturel est une alternative intéressante au bétonnage de l’île conduite par Jean-Pierre Fourcade à un prix exorbitant, réplique Pierre-Christophe Baguet, cité par le journal Le Monde (27-28 janvier 2008). Quel est son projet ? Confisquer l’île Seguin au profit des pôles administratifs qui laisseront le site vide le soir et les jours fériés. Plutôt que de faire de ce lieu un ghetto pour privilégiés et hauts fonctionnaires, qui ne rapportera pas un centime de taxe professionnelle à la ville de Boulogne-Billancourt, ouvrons l’île aux Boulonnais en créant ici un lieu culturel très innovant". Le candidat UMP aurait par ailleurs noué des contacts avec les promoteurs pour évoquer un transfert de leurs projets sur le Trapèze.

Question au Premier ministre
Quant à la liste d’Union et Citoyenne (PS, PCF, MRC, Verts), emmenée par Marie-Hélène Vouette, elle est favorable au maintien des projets déjà engagés, au motif que leur annulation obligerait à des compensations financières trop importantes mais propose la création de plusieurs équipements : un Espace dédié à l’histoire sociale et industrielle du site de Billancourt, une Cité des savoirs du 21ème siècle...
D’ici aux élections municipales, un élément nouveau pourrait intervenir avec la réponse du Premier ministre à la question que lui a posée Jean-Pierre Fourcade, sénateur des Hauts-de-Seine. "La question se pose de savoir à quel titre un conseiller du président de la République peut intervenir sur un territoire municipal et mettre en péril les promesses de ventes déjà intervenues" s'interrogeait-il devant le Sénat le 31 janvier dernier. Pour l'heure, la question est toujours sans réponse."